Madame Bacchus : à la découverte des vins portugais

En plein cœur de Lisbonne, entre la Baixa Pombalina et la Mouraria, Gilles et Amandine vous accueillent dans leur espace dédié aux vins, à la gastronomie et à la musique. C’est le lieu idéal pour déguster des crus portugais autour de petiscos à la française, et si le temps le permet, de profiter de leur spacieuse terrasse.

Comment décrire Madame Bacchus ?

C’est un endroit où on veut faire découvrir les vins portugais avec notre regard et notre culture française. Au moment où on a ouvert, c’est à dire il y a deux ans, c’était très dur à Lisbonne de trouver un endroit où boire du vin au verre, un bar à vin en fait, qui proposait autre chose que des références connues de supermarché. On est aussi un restaurant et on organise des concerts.

Coté carte, qu’est-ce que vous proposez ?

C’est une carte assez courte avec des tapas et des plats, on met en valeur des produits locaux, portugais, la charcuterie, le fromage, le poisson, avec une touche française dans la conception du plat. On va par exemple faire un crumble de maquereau ou une quiche à la morue. On relie les deux cultures à travers la cuisine.

Quels sont vos rôles respectifs ?

Amandine s’occupe de la cuisine. Elle vient du milieu de la restauration, elle a travaillé avec Guy Martin donc elle a élaboré la carte. Je me suis plutôt occupé de celle des vins et de la programmation musicale. On a deux rendez-vous hebdomadaires, la « micro roda de samba », tous les mercredis, et les dimanches j’accompagne Micheline Cardoz, une chanteuse de Rio, à la guitare avec aussi des percussionnistes. A partir du mois d’octobre on va faire des concerts un peu plus jazzy les vendredis et samedis.

Pourquoi Lisbonne ?

Un jour, une copine portugaise nous a invité à passer un week-end à Lisbonne et on a adoré. A ce moment là Amandine était entre deux contrats à Paris, moi je suis producteur et compositeur depuis toujours à Paris aussi, mais je peux travailler partout, donc six mois après, on s’installait ici. La langue n’était pas un problème puisque j’ai vécu au Brésil, je parlais déjà portugais et Amandine a appris ici.

Quelle genre de clientèle vous attirez ?

On a bien sur les habitués, ceux qui vivent dans le quartier et comme on est bien placés, les gens s’arrêtent. On fonctionne aussi beaucoup avec les réseaux sociaux et le bouche à oreille. On a une super terrasse à disposition et pendant les beaux jours on offre un service continu, midi et soir. Notre espace intérieur n’est pas très grand mais chaleureux, agréable pour les clients et pour nous. C’est ça notre but.

Quels vins peut-on découvrir à Madame Bacchus ?

Beaucoup ! J’adore par exemple le Quinta do Mouro, c’est un Alentejo de Estremoz. J’aime beaucoup aussi la Quinta de Saes du Dão et le blanc de Casal Santa Maria, à côté de Sintra. On a entre 70 et 90 références de vins, donc vraiment pour tous les goûts. On organise par ailleurs des dégustations ciblées sur les vins de Lisbonne.

On a une mauvaise image des vins lisboètes, pourquoi ?

Parce que jusque dans les années 2000 ça fonctionnait beaucoup en coopératives, des mélanges de tout ce qu’on trouvait dans la région, et surtout, ils n’y avait pas cette culture du bon vin. Il n’y avait pas de domaine, mais des petits vignerons qui produisaient 10 000 bouteilles par an. Maintenant les choses ont changé et la qualité est top. Les nouvelles générations de viticulteurs ont étudié l’œnologie, ont modernisé les domaines, tout en conservant les traditions portugaises. On en voit beaucoup qui ne précisent pas qu’ils sont bio alors qu’il le sont. Le Douro et l’Alentejo sont les plus connus mais le rapport qualité prix est imbattable. Un excellent cru de Lisbonne vaut quatre moins fois cher qu’un Douro par exemple.

Comment participer à ces dégustations ?

Vous pouvez réserver via notre page Facebook, par message, par téléphone bien sur et par Airbnb Experience « A la Découverte des vins de Lisbonne ». On vous propose trois blancs et trois rouges, accompagnés de fromage Alentajano amanteigado et de rillettes de sardines pour 25 euros.

Question piège, vins français ou portugais ?

Tout d’abord il ne faut pas comparer, ce sont des produits totalement différents. La chose intéressante au Portugal c’est de voir comment un si petit pays possède autant de cépages, il y en a 250. On retrouve ici des raisins qui n’existent pas chez nous, comme le tourriga nacional, ça donne des vins très intéressants et qui ont une forte identité. On retrouve à Lisbonne notamment des 100 % syrah, comme dans les Côtes-du-rhône. Malgré un mode de procéder et un savoir faire similaire, une conservation en fût de chêne français, le simple fait d’avoir grandi sur le sol portugais, avec un climat différent va lui donner un autre caractère.

Quand on parle de grands vins, on pense à la France ou à l’Italie. Le Portugal a-t-il sa place dans le classement des meilleurs vins ?

Oui absolument, car les choses ont énormément évolué ces dernières années. Ceux de Lisbonne par exemple n’avaient même pas d’appellation, on disait Estremadouro. C’est un pays qui va compter, il faut juste laisser l’opportunité aux petits producteurs de s’exporter et de donner une nouvelle image de leurs produits. On retrouve les grosses exploitations comme Mateus et Casal Garcia partout dans le monde, mais elles ne sont pas représentatives. Ensuite, c’est la concurrence des prix qui va jouer. On dit que les vins portugais de sont pas chers mais c’est faux. D’accord pour la piquette de supermarché, mais le bon vin portugais est cher. On trouve des bouteilles à 10 euros qui ne les valent pas, alors que dans un autre pays à ce prix là on va tomber sur une bonne bouteille.

Le mot de la fin ?

Venez à Madame Bacchus pour découvrir la diversité des vignobles portugais, toute l’année on propose entre 70 et 90 références de vins, donc vraiment pour tous les goûts. C’est une vraie sélection de cœur, ce sont des vins qu’on aime vraiment et qu’on veut partager.

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