Hélicoptères d’urgence : Gulf Med rejette la responsabilité des retards sur le gouvernement et l’INEM

La société maltaise Gulf Med Aviation Services, chargée d’assurer le transport héliporté d’urgence au Portugal dans le cadre d’un contrat de 77,4 millions d’euros, rejette toute responsabilité dans les retards de mise en œuvre du service.

Dans une tribune publiée dans Observador, son président Simon Camilleri accuse directement le gouvernement portugais et l’INEM (Institut national d’urgence médicale), pointant une série de dysfonctionnements dans la procédure d’attribution du marché public.

Selon Camilleri, l’appel d’offres international aurait dû être lancé dès le 30 septembre 2024, mais n’a été ouvert qu’avec deux mois de retard. L’analyse des propositions, censée se terminer en janvier, s’est prolongée jusqu’en mars. Bien que le contrat ait été signé le 21 mai, son approbation par la Cour des comptes – nécessaire pour débloquer les fonds – n’est intervenue que le 30 juin, soit la veille du lancement officiel des opérations.

« Il est évident pour toute personne de bonne foi que le calendrier imposé rendait impossible le début effectif des opérations au 1er juillet », affirme Camilleri. Il insiste sur le fait que Gulf Med a toujours fait preuve de transparence concernant les contraintes techniques et réglementaires engendrées par ces délais.

Dans l’impossibilité de remplir immédiatement ses obligations contractuelles, Gulf Med a proposé une solution transitoire, sans vols de nuit. Face à cette carence, l’INEM a contracté directement, sans appel d’offres, quatre hélicoptères H145 auprès d’un autre opérateur. Mais malgré la consultation de 14 entreprises, aucune ne s’est montrée en capacité de fournir un service complet dans les délais impartis.

« Aucune entreprise au monde ne garde des hélicoptères en attente d’un contrat hypothétique. Cela n’existe tout simplement pas », rappelle Camilleri.

En l’absence de solution privée, l’armée de l’air a été sollicitée pour assurer les missions nocturnes. Une réponse temporaire, mais imparfaite : les hélicoptères militaires sont trop lourds pour atterrir sur la plupart des héliports hospitaliers.

Aujourd’hui, Gulf Med affirme être presque totalement opérationnelle selon les termes initiaux du contrat. À travers sa tribune, son président entend également défendre l’engagement de l’entreprise en matière de service public. Fort de plusieurs décennies d’expérience dans les secours d’urgence, Camilleri rappelle que « ce n’est pas seulement une question de business, mais aussi de responsabilité sociale ».

Il évoque les drames évitables : « Quand un enfant est victime d’un accident en zone rurale, quand une personne âgée fait un infarctus dans un village isolé, ou lorsqu’un jeune est grièvement blessé dans un accident de la route, on ne peut pas attendre la fin des procédures administratives. Il faut intervenir immédiatement. »

Camilleri revient aussi sur les accidents mortels passés impliquant des hélicoptères de l’INEM, qui ont coûté la vie à des pilotes et du personnel médical. Il insiste : « Ces tragédies doivent servir de leçon. Chaque vie perdue dans un accident évitable est une responsabilité que nul gestionnaire responsable ne devrait accepter. »

Il conclut en affirmant que Gulf Med respecte scrupuleusement le plan de déploiement progressif validé par l’INEM, « avec la sécurité comme priorité absolue ».

Cet épisode s’ajoute aux critiques croissantes envers l’INEM et le ministère de la Santé, déjà mis en cause pour leur mauvaise gestion de la crise lors de la grève des techniciens en novembre dernier.

Source : Observador / Lusa

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