Faro, bien plus qu’un tarmac

La capitale de l’Algarve est aujourd’hui une vraie destination, dynamique et attrayante.

Pour la plupart des résidents et touristes, Faro est avant tout un aéroport, un endroit de passage pour rejoindre un des nombreux lieux de villégiature qui bordent la côte. Faro, c’est souvent une première impression du Portugal, où la chaleur et l’odeur annoncent le début des vacances. Mais c’est en réalité bien plus qu’une simple plaque tournante aérienne. La ville a une histoire et une culture riches, un centre pittoresque aux ruelles pavées.

Au IVe siècle av. J.-C, les Phéniciens ont été les premiers à s’installer dans le village qu’ils ont alors nommé Ossónoba. Entre le IIe et le VIIIe siècle, la région a, tour à tour, connu une domination romaine, byzantine, wisigothe, avant de tomber aux mains des Maures, en 713. Au Xe siècle, la cité mauresque a été rebaptisée Santa Maria, puis Santa Maria Ibn Harun et a été excommuniée en 1147 ainsi qu’en 1217 pendant la deuxième et la cinquième croisade.

En 1249, le roi Alphonse III et ses troupes ont expulsé le peuple arabe de la ville qui a ensuite prospéré, grâce à son port et à la production de sel. Elle devient alors un centre de commerce névralgique durant la période des grandes découvertes portugaises. En 1596, des corsaires anglais dirigés par Robert Devereux, deuxième comte d‘Essex, ont pillé la ville pour récupérer la bibliothèque de l’évêque de Faro, qui faisait partie de la collection bodléienne de l’université d’Oxford.

Faro s’est développée au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, et a été sauvée du séisme qui a dévasté Lisbonne et une grande partie de la côte sud en 1755, grâce aux rives sableuses de la lagune Ria Formosa qui l’ont protégée. Aujourd’hui, c’est le siège administratif de l’Algarve, une « capitale » dynamique avec sa population diversifiée et ses nombreux étudiants qui fréquentent l’université de l’Algarve.

Le centre historique éblouit par sa cathédrale gothique, avec sa vue panoramique et sa porte néoclassique, l’Arco da Vila, située dans l’enceinte de l’ancienne cité mauresque. Plus au sud, le parc naturel de la Ria Formosa, composé de lagunes d’eau salée et de vasières, est un véritable refuge pour les oiseaux migrateurs et la faune en tout genre. Un tour en barque, une excursion sur l‘île de Barreta (Ilha Deserta), mais aussi dans la petite communauté de pêcheurs de l’île de Culatra (Ilha da Culatra) ou encore dans le joli village de Farol : voilà quelques étapes essentielles pour s’imprégner de l’atmosphère alentour.

Pour profiter du coucher du soleil et d’une vue à couper le souffle, le rooftop de l’hôtel Faro est probablement le meilleur spot. Idéalement situé sur le front de mer, cet établissement quatre étoiles dispose de 90 chambres et suites, ainsi que d’un spa et d’une piscine hydrothérapeutique au dernier étage qui, comme la terrasse, bénéficie d’un fantastique panorama sur la Ria Formosa. Un bateau est par ailleurs à la disposition des clients pour des promenades dans le parc naturel et les îles, comme celle de Faro, où le Tropical Beach Club attend les hôtes pour dîner ou simplement boire un verre, face à la mer.

Dans un bâtiment historique ayant survécu au tremblement de terre de 1755, et inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, le Colombus est une adresse incontournable et indispensable pour les amoureux de cocktails. Son cadre est par ailleurs enchanteur et conserve de nombreuses caractéristiques d’origine, notamment des charpentes en bois et des maçonneries apparentes. Les arcades intérieures de cet ancien hôpital accueillent aujourd’hui un élégant coin salon couvert par une remarquable lampe asiatique rouge au plafond. Le bar propose près de 90 whiskies et plus de 60 gins, ainsi qu’une large sélection de rhums, tequilas et vodkas. On y sert par exemple le fameux « Sr. Professor », dans une pipe en verre en l’honneur d’un érudit local, ancien habitué du lieu. On y trouve également le cognac Louis XIII de Rémy Martin à 275 € le verre.

Le propriétaire, Miguel Gião, est un jeune entrepreneur qui possède par ailleurs l’Aperitivo, un pub gastronomique, et le Lodo, un restaurant, où l’on peut manger les meilleurs crustacés de la région, tous fraîchement pêchés dans la Ria Formosa.

Toujours dans le même quartier, lAliança est un autre point historique de la capitale de l’Algarve. C’est l’un des plus anciens cafés du Portugal, comme le prouvent les photos de ses mécènes accrochées au mur, parmi lesquels on retrouve le grand poète portugais Fernando Pessoa. A quelques kilomètres du centre, une nouvelle brasserie artisanale, l’Algarve Rock, vient d’ouvrir ses portes au sein d’un parc d’activités. Gary Hosmer et Neil Conchie, les deux hommes à l’origine du projet, sont passionnés de bière. Ils produisent ici une gamme de cinq brassins artisanaux et proposent des visites guidées de leur espace.

Faro compte de nombreux établissements de qualité comme l’Epicur, le Pigs and Cows, le À do Pinto, le Restaurante Al Ria, célèbre pour sa cataplana de poissons, ou encore la Tasca do João qui propose une véritable cuisine méditerranéenne et portugaise. Bref, on trouve ici toujours de quoi bien manger, mais pas que, car la vie culturelle y est aussi très riche.

La ville a organisé en juin dernier le festival Açoteia, un événement musical sur les toits qui a eu un succès retentissant. Elle accueillera son célèbre Festival F du 5 au 7 septembre, ainsi que le Luza International Light Festival, du 14 au 16 novembre. D’innombrables spectacles sont également programmés au Teatro das Figuras, comme l’opéra « La Traviata » de Giuseppe Verdi le 5 novembre et une représentation du « Lac des cygnes » par le prestigieux Ballet classique russe de Moscou les 26 et 27 novembre.

Ben Austin

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