Loi sur la nationalité et économie

Une étude commandée par l’association Segurança, Justiça e Continuidade, qui représente notamment des détenteurs de visas « golden » et de visas D, estime que le récent durcissement de la loi sur la nationalité pourrait coûter jusqu’à 15,9 milliards d’euros à l’économie portugaise sur les dix prochaines années.

Selon cette analyse, le rallongement des délais d’accès à la nationalité risquerait de décourager une partie des investisseurs, des retraités étrangers et des travailleurs qualifiés souhaitant s’installer au Portugal. Les auteurs avancent qu’une baisse des demandes de visas entraînerait moins d’investissements, une diminution de la consommation et des recettes fiscales, ainsi qu’un recul de l’activité dans plusieurs secteurs liés à l’immigration.

L’étude identifie Lisbonne, l’Algarve et Porto comme les régions les plus exposées, chacune pour des raisons différentes : Lisbonne en raison de la baisse potentielle des investissements, l’Algarve à cause d’une diminution des dépenses des résidents étrangers, et Porto par une éventuelle perte de talents et d’entrepreneurs.

Les auteurs précisent toutefois que ces chiffres correspondent à un scénario économique et non à une prévision certaine.

Le modèle repose notamment sur l’hypothèse que l’allongement du délai d’accès à la nationalité entraînerait une baisse d’environ 10 % des demandes de visas de résidence et de visas destinés aux investisseurs. Cette projection s’appuie sur des comparaisons avec le Danemark et l’Espagne, deux situations qui diffèrent toutefois du contexte portugais.

Entrée en vigueur le 19 mai, la nouvelle législation porte le délai d’accès à la nationalité à sept ans pour les ressortissants de l’Union européenne et des pays lusophones, et à dix ans pour les autres nationalités. Elle introduit également de nouvelles exigences portant notamment sur la langue, la culture et l’histoire portugaises.

Les personnes ayant déjà déposé une demande de nationalité restent soumises aux anciennes règles, mais de nombreux candidats engagés dans un parcours de résidence avant la réforme dénoncent une modification des conditions en cours de route.

Plus de 1 260 étrangers auraient déjà saisi le Médiateur portugais pour contester les nouvelles dispositions.

L’association à l’origine de l’étude ne demande pas l’abrogation de la réforme, mais souhaite que des mesures transitoires soient mises en place afin de protéger les personnes ayant engagé leur projet d’installation au Portugal avant le changement de législation.

Natasha Donn

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