Le secret de l’artiste

Andreia Rollot Miguel est en recherche constante de nouveaux défis et propose des bijoux uniques, en accord avec ses racines lusitaniennes

En contemplant la vitrine de « Pequeno Rebento Art & Photography » à Lagos, on peut déjà admirer, ou en tout cas se faire une idée de l’œuvre de Andreia Rollot Miguel. Ainsi, des bijoux composés de filigranes de fines feuilles de métal, de vrilles d’algues argentées drapées autour de perles, des boucles de couleur vive entrelacées, ainsi que des peintures représentant des impressions de l’Alga
rve balayée par le vent, se partagent l’espace. En explorant ses créations uniques, le visiteur se questionne et voudrait découvrir ce qui inspire cette artiste.
Née à Lisbonne, après avoir obtenu un diplôme en langues et littératures étrangères, Andreia a enseigné jusqu’en 2008, date à laquelle elle a décidé qu’il était temps de changer de voie : « Je devais juste trouver le temps de le faire, et laisser place à la créativité». Une de ses réalisations qui date de cette époque, un arbre en fil de fer dans un paysage monochrome, est exposée dans sa boutique : « Il s’agissait surtout pour moi de devenir une artiste, et avec cet arbre, j’essayais de me reconstruire de l’extérieur ». Depuis 2011, le travail de la créatrice a été présenté lors de salons de professionnels de la bijouterie, le Bijorhca, à Paris, le Joya à Barcelone et pendant la Noite Europeia dos Investigadores. Parallèlement, ses créations pour le POP (Original Portuguese Projects) ont été saluées par la Fondation Serralves, l’une des principales institutions artistiques et culturelles du Portugal. Bien sûr, elle a suivi une formation en orfèvrerie traditionnelle au Contacto Directo, à Lisbonne, dont la directive était : « Faire quelque chose de différent de ce qui existe déjà dans le monde ». Aussi, Andreia bouillonne de nouvelles idées qu’elle doit parfois mettre de côté, auxquelles elle doit renoncer par manque de temps :  « J’ai tellement d’idées, mais pas assez de temps pour les concrétiser. Si je me rends compte que ça n’en vaut pas la peine, j’abandonne et ça ne me dérange pas, cela fait partie du processus », explique-t-elle.

La série « H2O » est l’aboutissement de cette quête d’originalité : « À cette période, j’avais pour défi de développer une technique innovante. Pour participer au Joya Barcelona, on doit présenter quelque chose de nouveau, mais qui doit pouvoir être porté ». Les arrangements de nœuds interconnectés qui composent les boucles d’oreilles, les broches, les pendentifs et les bagues de cette collection sont recouverts d’un revêtement en caoutchouc dur, dont la formule reste secrète. Chaque pièce est unique, donc la recette en est confidentielle. En 2016, quinze jours seulement après avoir donné naissance à ses jumeaux, l’artiste a décidé de prendre un nouveau virage et de quitter Lisbonne avec sa famille, pour s’installer en Algarve. « C’est assez difficile de partir, de quitter toute sa famille, sa ville… c’est comme une tâche de naissance qui est toujours avec nous », confie-t-elle. Il est clair que les vacances passées dans le sud ont laissé des traces : « Les vacances d’été c’était le paradis, le lieu de la liberté, du vélo, de la plage, mais tout prenait fin quand nous rentrions. Même si le paysage urbain me manque, je préfère travailler dans un environnement naturel ». Ainsi, certains de ses pendentifs en argent sont composés de pierres trouvées à la Praia da Ingrina (Vila do Bispo) et certaines bagues ressemblent à des piscines, en souvenir de cette enfance passée. La nature étant la source d’inspiration d’Andreia, ses influences sont un motif récurrent, que ce soit dans ses pièces contemporaines ou plus traditionnelles, comme la série en filigrane d’argent « Tradition ». « Les pièces sont toutes inspirées par la nature. Les spirales sont importantes dans la façon dont les plantes se développent et poussent, et on en trouve partout, comme l’a montré Fibonacci. Le filigrane, c’est tout ce qui concerne les spirales – ce sont des boucles et des boucles et des boucles de fils de métal très fins », déclare-t-elle. « C’est une série difficile à maîtriser car les éléments sont tordus, et le métal qui les compose subit beaucoup de tension. Une fois que je dispose le motif dans sa structure métallique, la tension est à son comble. En fait, j’élabore de toutes petites spirales que je colle dans une structure de forme différente, rond, cœur, fleur ou autre. Si ce n’est pas parfaitement millimétré, tout saute ». La maîtrise acquise lors de la réalisation de cette collection n’est qu’un challenge parmi tant d’autres. Elle est heureuse d’accepter les commandes de clients dans son magasin, ce qui lui permet de poursuivre son parcours, à la recherche de nouveaux défis et d’une évolution en tant qu’artiste. De plus, elle propose des ateliers individuels qui répondent spécifiquement aux objectifs créatifs de chacun.

www.andreiarm.com 

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