L’ART DE LA MER

Ti Chico transforme des paniers de pêche traditionnels de l’Algarve en objets de décoration des plus modernes.

La pêche est une tradition associée à l’histoire de l’Algarve. Dans toute la région, les pêcheurs ont choisi ce métier car il est ancré dans leur famille depuis plusieurs générations. C’est le cas notamment de Francisco Valério, 74 ans, plus connu à Olhão sous le nom de « Ti Chico ». Il a commencé par accompagner son père alors qu’il n’avait que neuf ans et il a rapidement appris à faire des murejonas (casier). « Je regardais mon père faire et je le suivais, je faisais comme lui-même si je n’étais alors qu’un jeune garçon. Mon père les utilisait pour attraper des poulpes, des seiches, des lottes et des daurades », se souvient Ti Chico.

Bien que récemment retraité, il n’a pas voulu abandonner son lien avec l’océan et s’est lancé dans une toute nouvelle activité, artisanale cette fois ; il transforme ces fameux casiers de pêche en pièces de décoration uniques. En plus d’être le seul à proposer ce type de création dans tout l’Algarve, c’est pour lui un moyen de rester en contact avec le grand large. « J’avais besoin de trouver quelque chose pour me divertir et, comme je suis passionné depuis toujours par la fabrication des murejonas, je me suis lancé dans ce projet », explique-t-il. « J’ai fait quelques petits exemplaires que j’ai d’abord montrés à mes proches. Ensuite de nouvelles idées m’ont été suggérées, comme utiliser d’autres fils et faire des lampes ». C’est ainsi que la marque Murejonas do Ti Chico est née en 2018.

Aujourd’hui il n’est plus permis de pêcher avec des murejonas, seuls ceux qui avaient déjà une autorisation peuvent encore les utiliser. Pour Ti Chico, l’objectif est de se souvenir de ces ustensiles algarviens et de les moderniser avec des couleurs et des éléments décoratifs variés. S’ils peuvent être placés sur les murs tels quels, certains choisissent de les métamorphoser en lampes, en paniers à fleurs, en bougeoirs et même en arbres de Noël. Selon leur taille, le processus de fabrication peut durer 7 heures : « Les plus petits se font en quatre ou cinq heures, mais les plus grands en six ou sept. Je suis le seul qui sache encore les fabriquer, et aussi le seul à les transformer en pièces artisanales ». Ces objets qui en plus d’être uniques peuvent être personnalisés en couleur, en taille et même en forme, et mesurent de 25 à 90 centimètres.

Quant aux commandes, la marque en a déjà reçues de tout le pays. « Beaucoup en Algarve, à Vila Nova de Milfontes et surtout à Lisbonne. Dans le Nord, pas tellement », confie Laura Dias, la fille du maître. En outre, des murejones ont également été envoyées dans différents pays d’Europe, comme en France, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni : « Il s’agit de touristes qui sont venus à Olhão sans pouvoir transporter nos œuvres dans l’avion. Nous les leur avons donc envoyées ». « Je suis déjà célèbre », sourit l’artisan.

Pour Laura, les créations de son père sont spéciales : « Ceux qui les aiment et les achètent apprécient vraiment le travail effectué. Ceux qui ne les aiment pas c’est parce qu’ils n’ont pas de liens avec la mer ou l’Histoire. Personne d’autre ne fait ça et tout le monde sait que lorsque mon père mourra, ces objets ne se trouveront plus ». Certaines auberges de jeunesse entre Olhão et Fuzeta ont d’ailleurs fait de grandes commandes pour décorer leurs espaces avec ses paniers de pêche qui rappellent que la mer est la base de la culture de la région. À Olhão, nombreux sont les établissement, restaurants et boutiques, qui exhibent fièrement sur leurs murs les pièces de Ti Chico.

Pour commander un de ces objets uniques, il suffit de contacter la famille par le biais des réseaux sociaux (Facebook ou Instagram), par téléphone (912 310 866) ou par mail (murejonastichico@gmail.com). Les prix commencent à 25 euros.

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