Ici l’argent fait le bonheur

Dianne Watson by Hélio Ramos

L’orfèvre Dianne Watson s’inspire des formes de la nature pour créer d’élégantes oeuvres

Texte Cristina Alcock
Photo Hélio Ramos

Pour la plupart, la photographie est un voyage qui commence lorsque vous capturez un moment dans le temps et se termine lorsque l’image finale est placée dans un cadre. Pour l’orfèvre Dianne Watson, une photographie est juste un point de départ et fait partie d’une réalité bien plus grande; elle est la source de son inspiration – une ligne, une forme, une ombre, une texture – pour concevoir et créer de belles pièces d’argenterie et des bijoux uniques. Que ce soit une orchidée, les ailes d’un papillon, la tête d’un faucon ou une ondulation de l’eau, Dianne prend les formes et les motifs d’une photo et dessine autour d’eux. Les résultats sont des pièces uniques et originales faites à la main, qui ont valu à l’orfèvre britannique divers prix et louanges depuis qu’elle se destine à l’artisanat il y a bientôt 20 ans.
Sympathique et à la voix douce, la dame que nous rencontrons est loin de ce que l’on imagine lorsque que l’on pense à un orfèvre, un métier qui remonte à plusieurs siècles et qui consiste à couper, marteler et souder des feuilles de métal pour créer de l’argenterie de toutes formes et tailles. Mais c’est exactement ce qu’elle fait, dans son petit studio chez elle dans les collines de Loulé. Seul le polissage se fait au Royaume-Uni.
Originaire de Kent, c’est son déménagement à Hong Kong, d’après elle “ville extrême du design”, et les nombreuses commandes personnelles qu’elle a reçu, qui ont incité Dianne à retourner en Angleterre pour se former. Décrivant Londres comme un lieu “plein d’inspiration”, Dianne a fait “tous les cours possibles pour m’améliorer”, y compris de design, de sertissage, de gravure et de modélisation en 3D, toujours avec du métal, son matériel de prédilection. Elle a été élue étudiante de l’année alors qu’elle étudiait pour l’obtention du Diplôme National Supérieur d’orfèvrerie, bijoux et métiers connexes. Elle a vendu sa création finale de fin d’études et fut choisie plus tard par 15 autres galeries afin d’y exposer son travail, y compris la Goldsmiths Hall London, l’Islington Design Centre ainsi que d’autres à Trinité et Beverly Hills. Puis, elle s’installe en France pour ouvrir sa propre galerie, où elle travaille également les vitraux, et il y a trois ans, elle refait ses valises pour commencer une nouvelle vie en Algarve.
Membre de l’Algarve Photographers Group, qui lui procure beaucoup de matériel, l’orfèvre crée des pièces d’une extrême élégance, la plupart du temps sur commande: carafes d’argent et boîtes à thé ainsi que de plus petites pièces, telles que des porte-serviettes, presse-papiers, porte-encens et bibelots pour collectionneurs. De la coupe de fruits sertie de diamants, inspirée par une ondulation dans l’eau, à la pelle à gâteau avec une poignée en ébène et gravée de rosenites, conçue comme si elle était faite pour le Sultan de Brunei – “Je dessine toujours des choses avec quelqu’un en tête”, explique Dianne. Elle expose également à l’hôtel Conrad Algarve, la pièce la plus remarquable étant sans aucun doute la carafe d’argent. Plaquée or à l’intérieur avec un bouchon fait main en verre rouge et en argent, la carafe était la pièce principale de l’exposition consacrée à l’argenterie, bijoux et photographies de la designer, qui a eu lieu dans les bureaux de Blevins Franks à Loulé, l’année dernière.
Malgré ceci, l’artiste admet qu’elle aime faire de plus petites pièces, plus personnelles, telles que ses gammes de bijoux, ayant reçu de nombreuses commandes. Aujourd’hui, les créations de Dianne comprennent des pièces fabriquées à partir de fils d’émail brillant, des pièces uniques en argent et, ses favorites, les créations faites en utilisant la technique de Mokume. “J’adore le fait que vous puissiez fabriquer le métal. Il y a une telle profondeur, c’est vraiment unique”, explique la designer, qui crée des bracelets, bagues, pendentifs et boucles d’oreilles en fusionnant et roulant ensemble différents métaux, comme le cuivre et le bronze.
Inspirée par la forme féminine pour sa dernière collection, l’orfèvre se concentre également sur de bien plus grandes pièces, faites sur mesure: des sculptures de table sans fils, illuminées par fibres optiques. “Les bougies font un tel gâchis; les gens organisent de si beaux dîners, alors pourquoi ne pas avoir une belle pièce maîtresse pour illuminer la table de la salle à manger? ”
Ouverte à toute demande, sa devise est “si j‘ai le savoir-faire alors je le fais”, et Dianne n’est rien sinon polyvalente. Parallèlement à ses dernières créations florales en fil d’émail pour coiffures de mariage, l’anglaise conçoit également des invitations de mariage, cartes de Noël et cartes de voeux sur mesure, le tout à partir de ses propres dessins faits à la main. À l’avenir, elle aimerait fabriquer des trophées de golf, “mais à ma façon, différents de tout”. Pas étonnant, alors, que Dianne admet qu’elle aime pousser les limites. “Je ne me rends pas la vie facile”, rit-elle. En voyant toutes ses pièces uniques, ses nombreux prix et louanges, on ne la changerait pour rien au monde!

www.diannewdesignerimages.com

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