Le Musée National d’Art Ancien

MNAA

La Maison Mère à l’origine des plus beaux musées de Lisbonne.

Le Portugal est l’un des plus anciens pays d’Europe. Fondé en 1139, suite à de nombreuses invasions et reconquêtes, c’est un territoire riche en histoire et qui a influencé celle de tant d’autres pays dans le monde entier. À Lisbonne il existe un musée qui raconte son histoire sous forme d’oeuvres d’art: le Musée National d’Art Ancien. Ce magnifique musée, qui est au niveau des plus beaux musées d’art du monde, a ouvert ses portes en 1884 et fut le premier de la capitale Portugaise.
Le musée est né suite à une exposition d’art ornemental portugais et espagnol qui eut lieu en 1882 au musée de South Kensington (aujourd’hui le Victoria & Albert Museum) à Londres. Vu l’immense succès de cette exposition en Angleterre, elle a été transférée à Lisbonne et inaugurée dans le Palais des Comtes d’Alvor, un palais du XVIIème siècle qui appartenait alors au Marquis de Pombal et fut autrefois résidence de l’Impératrice D. Amélia.
Cet immeuble, situé à Santos, rua das Janelas Verdes, a été adapté afin non seulement de recevoir l’exposition, mais aussi dans le but de devenir un musée. En attendant l’ouverture du musée, les précieuse oeuvres d’art ont été mises sous la garde de l’Académie des Beaux Arts dans le couvent de São Francisco au Chiado.
En 1884 le Musée des Beaux Arts et d’Archéologie, comme il s’appelait à l’époque, a été inauguré par le Roi D. Luis. Cette nouvelle institution a sauvé le patrimoine national, car la plupart des oeuvres qui constituaient la collection lors de son ouverture provenaient d’ordres religieux qui avaient été décimés lors de la révolution libérale de cette même année.
Neuf salles ont été inaugurées, mais celles-ci ne suffisaient pas car la collection du musée ne cessait de grandir. Petit à petit les collections se sont séparées; les carrosses sont partis à Belém afin d’être exposés dans un musée fondé par la reine D. Amélia en 1905, dans le Picadeiro Real (Manège Royal) du Palais de Belém, les pièces archéologiques constituèrent le musée d’archéologie, puis est né celui de l’art contemporain, le Musée du Chiado, en 1910. Le dernier a être fondé à partir de la collection du Musée des Beaux Arts et d’Archéologie est celui des Azulejos, dans le couvent de Madre de Deus à Xabregas. Tous sont nés et ont gagné leur indépendance de manière à libérer de l’espace dans la maison mère à Santos.
En 1910 le musée est “re-fondé” et à présent s’appelle Musée National d’Art Ancien (MNAA), se consacrant uniquement à l’art ancien. Le Couvent des Albertas qui se trouve à côté du Palais des Comtes d’Alvor est acquis afin d’agrandir le musée. Le nouveau projet unit les deux bâtiments et l’unique structure maintenue du couvent est la chapelle, qui est actuellement en rénovation et sera ouverte au public d’ici un an.
En plus de ses excellentes nouvelles installations, le musée profite d’un restaurant et d’un magnifique jardin, parsemé de statues, avec vue sur le Tage.
Composée de plus de 40 000 pièces, la collection du MNAA comprend le plus grand nombre d’œuvres classées par l’État en tant que «trésors nationaux». Elle englobe également, dans divers domaines, des ouvrages de référence du patrimoine artistique mondial.
La nouvelle annexe est consacrée à l’art portugais. Ici on découvre de merveilleuses peintures, sculptures, bijoux, objets d’arts décoratifs et une magnifique collection de pièces qui retracent les découvertes portugaises dans le monde, tels que les paravents de Namban qui représentent l’arrivée des Portugais en Extrême-Orient, des meubles afro-portugais qui prouvent l’intégration des portugais dans les cultures lointaines et bien sûr les fameux panneaux de São Vicente, oeuvre d’extrême importance dans la culture portugaise.
Relié par le magasin du musée, l’ancien Palais des Comtes d’Alvor est consacré à l’exposition d’art européen. Entre autres, on trouve l’extraordinaire service de table en argent de 1000 pièces, commandé par le Roi José I. à François-Thomas Germain, orfèvre du roi de France. Il est le seul service produit par Germain encore complet; celui de Louis XVI a été fondu lors de la révolution et celui de l’impératrice de Russie a malheureusement été dispersé.
La galerie de peinture européenne inclut des oeuvres de peintres extraordinaires tels que Hieronymus Bosch avec les ténébreuses “Tentations de Saint-Antoine”, Saint-Augustin par Piero della Francesca et le portrait de Lucas Vosterman par Van Dyck. Ce sont des oeuvres en grande demande au niveau international et font donc partie d’un circuit d’expositions qui les emporte dans les quatre coins du monde.
En plus de la collection permanente, le musée organise chaque année deux grandes expositions temporaires. En ce moment l’on peut admirer “Les îles de l’or blanc”, qui célèbre les 600 ans depuis la découverte de l’archipel de Madère. En plus il y a toujours des oeuvres “invitées”, pour l’instant dans la galerie d’art européen on trouve un Velasquez, “la Sibylle”, et à l’autre bout du musée, un Rembrant. Des œuvres qui n’appartiennent pas au musée mais qui d’une certaine façon comblent un manque.
Il y aura bientôt une exposition consacrée à João Glama, le seul peintre Portugais à avoir témoigné et peint le tremblement de terre de 1755. À chaque viste on découvre quelque chose de nouveau. Ici les œuvres sont conservées, le temps ne les touche pas, mais le musée est en constante ébullition.

www.museudearteantiga.pt

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