Toute la douceur du nectar

Les abeilles de Bees in a Tube se nourrissent de la flore algarvienne pour produire miel, pollen et « água-mel ». Ces indispensables de la gastronomie régionale ravissent les gourmands, qu’ils soient touristes ou locaux


Des salles de classes aux ruches, il n’y a apparemment qu’un pas. Un pas franchi par Ana Oliveira, qui en avait assez de solliciter chaque année un nouveau poste d’enseignante. Originaire d’un village près de Bragança, dans le nord-est du Po
rtugal, la vie rurale ne lui était pas étrangère. Pourtant, elle n’aurait jamais imaginé exercer un tel métier.

Son choix de reconversion s’est porté, par pur hasard, sur les abeilles : « Une de mes amies apicultrice m’a suggéré d’investir dans ce domaine. » Le processus s’est engagé très rapidement, elle a acheté le matériel nécessaire, suivi une formation et présenté un projet de 400 ruches. Grâce à cela, elle a pu disposer des fonds offerts par le ministère de l’Agriculture aux jeunes entrepreneurs.

La « colonie » d’Ana se trouve près de São Brás de Alportel, Loulé, Tôr, Almancil et Faro. Mais, selon la période de floraison des arbres, elle change d’emplacement, c’est le phénomène de la transhumance. Au printemps, par exemple, les ruches se déplacent à Faro dans les orangeraies et, au début de l’été, à Barrocal, où le romarin fleurit.

Le miel printanier issu des fraisiers est celui que les clients étrangers, et les gastronomes en général, apprécient le plus, car il est moins sucré que les autres. Quant au Multiflora proposé par Bees in a Tube, la société d’Ana Oliveira, il est une variante conçue à partir du nectar, du miellat et du pollen d’espèces végétales variées, tout comme ceux de medronho, de romarin ou de fleur d’oranger.

Les abeilles mellifères sont de grandes exploratrices et parcourent de nombreux kilomètres, mais elles ne visitent que des fleurs d’une même variété lors d’une expédition, et leur restent fidèles, tant qu’elles leur procurent assez de matière.

Pour bénéficier d’une appellation variétale particulière, le « jus » doit être issu entièrement ou presque des plantes susnommées, et présenter les caractéristiques organoleptiques, physico-chimiques et microscopiques appropriées. Les arômes, la couleur, la consistance, la teneur en minéraux, le sucre et le spectre pollinique sont propres à chacune. En outre, c’est le pollen qui peut être distingué au microscope et qui fournit des informations sur l’origine régionale et botanique du miel.

Ana Oliveira vend également du pollen de fleurs, nutritif et immunosuppresseur, ainsi que de l’água-mel, très appréciée dans la région, mais de plus en plus rare. Pour ce faire, le nectar récolté par les abeilles est stocké dans une cellule alvéolaire. Si celui-ci est suffisamment concentré et fort, une évaporation de l’eau qu’il contient va produire une fine couche sur le compartiment rempli de cire. Cette dernière est ensuite cuite, mélangée et filtrée pendant environ huit heures. Des écorces d’orange, du fenouil et de la cannelle y sont ensuite ajoutés. Un liquide foncé et fluide en résulte, qu’on consomme sur du pain, avec du fromage frais ou sur des crêpes. La gamme de produits change selon la saison : en été, par exemple, l’apicultrice propose des friandises à base de miel frais et, en hiver, elle conçoit des plats à partir de cire d’abeilles provenant de grappes de raisin.

Ana Oliveira est à la tête d’un projet autonome, dans lequel la durabilité et la tradition jouent un rôle fondamental. Elle a ainsi récemment reçu le prix Tourism Up, un programme visant à promouvoir les jeunes entreprises touristiques ou les produits endogènes du pays. Lors de cette édition, qui a eu lieu à Loulé, sept entrepreneurs se sont présentés devant un jury. Après trois minutes de présentation, c’est Bees in a Tube qui a convaincu l’assistance.

Anabela Gaspar


Bees in Tube

Tél. : +351 963 734 938

Email : beesintube@gmail.com

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