Populariser le concept de la pierrade au Portugal

Lui est français, elle portugaise. David et Cathy Mejean ont ouvert le restaurant La Pierrade à Albufeira et tentent de populariser ce mode de cuisson dans la très fréquentée station balnéaire de l’Algarve. Pour l’instant, la clientèle reste majoritairement française.

Les clients s’enflammeront-ils pour La Pierrade ? C’est tout le dilemme de David Mejean. Le Lyonnais a lancé en décembre dernier un restaurant de la franchise française à Albufeira. Précisément au numéro 92 de l’avenida da Liberdade, une artère fréquentée par les touristes qui descendent vers les bars du front de mer. Quiconque passe devant remarquera rapidement les nappes à carreaux rouge et blanc de l’établissement. « C’est une idée de ma femme, sourit David, pour rappeler la France. » Retour aux origines du projet.

Pourquoi vous êtes-vous lancé dans cette aventure ?

Dans les années 1990, il existait un restaurant La Pierrade à Lyon. J’y ai travaillé quatre ans et le concept m’a beaucoup plu. Aujourd’hui, j’aimerais le faire découvrir aux gens d’ici et l’importer au Portugal. On a donc ouvert le 10 décembre, on fait partie d’une franchise, une marque française qui existe depuis 1985. Ici, le concept n’existe pas. On peut trouver des pierrades au Portugal, mais avec des petits réchauds, ce n’est pas du tout pareil.

Justement, parlez-nous un peu de concept, bien connu des Français, moins des Portugais. En quoi ça consiste, une pierrade ?

En fait, on fait chauffer une pierre de 3,5 kg à 400 °C dans un four à pizzas spécial, qui est renforcé. On l’amène sur la table des clients, ils font griller ce qu’ils ont commandé, de la viande, du poisson, ou les deux. Les légumes aussi, ils peuvent s’ils le souhaitent. Ensuite, ils gèrent la cuisson à leur convenance. De nôtre côté, on s’occupe simplement de préparer les garnitures, les sauces.

Et parmi les produits frais que vous proposez, qu’est-ce que les clients commandent le plus ?

Parmi les viandes, ce qui marche très bien, c’est le boeuf et le filet mignon. Après, on propose aussi du magret, mais ça reste une viande un peu compliquée, le goût est particulier. Et puis bien sûr on a de la volaille, pour les enfants notamment. En termes de poisson, ce qui marche le mieux, c’est la gambasse et la coquille saint-jacques. Le saumon, c’est très bon, mais comme il dégage plus d’huile, les gens adhèrent un peu moins.

Vous êtes nombreux en cuisine ?

Je suis tout seul, ma belle-mère m’aide et ma femme Cathy pendant les vacances actuellement. La cuisine, ce n’est pas ce qui me demande le plus de temps, c’est surtout la préparation : la viande à couper, les légumes, les sauces. Tout est maison.

Pourquoi est-ce que vous avez décidé d’ouvrir à Albufeira ?

Ma femme est portugaise, donc je viens au Portugal depuis 1992. J’ai choisi de m’installer ici car c’est facile de rentrer en France, il y a beaucoup de liaisons aériennes et le trajet n’est pas long. Si ça n’avait tenu qu’à mois, je serais venu m’établir au Portugal depuis longtemps. En France, le système pour se lancer est plus compliqué. Et puis mes beaux-parents sont de la région, de Pêra, donc au niveau logement et relationnel, c’était plus évident pour moi tenter l’aventure ici. Je n’avais pas envie de me retrouver tout seul ailleurs. Pour l’instant, Cathy vit encore en France, elle fait la navette tous les mois et demi environ. Elle va venir me rejoindre l’année prochaine, mais on ne sait pas encore quand exactement.

Pourquoi avez-vous décidé d’ouvrir un restaurant particulièrement ?

Parce que j’ai fait de la restauration pendant seize ans, c’est mon métier de base, j’ai fait l’école hôtelière. Après une longue parenthèse, durant laquelle j’ai notamment été taxi durant quatorze ans, j’ai voulu redevenir restaurateur, car c’est un métier passionnant. Et je me suis dit, autant le faire au soleil, car en France, le système est plus compliqué.

C’est donc votre premier été en tant que restaurateur au Portugal. Comment se passent les débuts ?

Ce n’est pas toujours facile. J’ai du monde, ce n’est pas plein, mais on arrive à s’en sortir. On se bat pour y arriver, on propose des produits frais, pour les plats du jour, les desserts. Pour l’instant, 99 % de ma clientèle est française. Peut-être que les Portugais n’osent pas, parce qu’ils ne connaissent pas. Nous, on veut faire restaurant chic, mais familial, on a envie que nos clients se sentent comme à la maison. Tu peux venir manger en costume-cravate comme en bleu de travail, tu seras servi pareil.

Et vous êtes plutôt bien placés sur l’avenida da Liberdade d’Albufeira, non ? Il y a beaucoup de touristes qui passent par cette rue…

On est bien placés oui et non, car les gens fréquentent davantage la place un peu plus bas, plus proche de la plage, et ils nous oublient un peu. Après, notre avantage, c’est qu’ils préfèrent manger dans le calme, ce qui est possible chez nous, alors que sur la place, la musique est à fond, c’est moins cool.

Pour attirer du monde et vous faire connaître, j’ai vu sur votre page Facebook que vous organisiez des soirées musicales de temps en temps…

Tout à fait. On a déjà fait des soirées chansons françaises, par exemple. Ce soir, on a fait venir le couple Steve & Heather (www.steve-heather.fr), pour la première fois. Ils sillonnent l’Algarve et proposent du rock et de la country. Si ça se passe bien, on les fera revenir une fois par mois. On n’a pas des gros budgets pour les artistes, mais on se débrouille !

La Pierrade

Avenida da Liberdade 92, Albufeira

Tél. : 289 107 134

Email : lapierrade.albufeira@gmail.com

Facebook : @lapierradeAlbufeira

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