A Sesimbra, la renaissance du Zagaia

Cette marisqueira emblématique, qui avait fermé, a été relancée par trois amis d’enfance originaires du coin. Leur restaurant propose toujours des produits de la mer, mais dans une ambiance cool et moderne à deux pas de la plage de la Californie.

En contrebas d’un petit quartier pittoresque, où les rues étroites s’enchevêtrent, un nom sur la devanture d’un restaurant interpelle les passants : o Zagaia. « En portugais, c’est en fait un leurre, un appât factice pour attraper le poisson », sourit Maria Perestrelo, qui nous accueille au sein de l’établissement dont elle gère la communication.

A l’intérieur, la jeune femme originaire de Lisbonne nous invite à s’attabler, pour nous raconter l’histoire du lieu. On apprécie d’emblée l’atmosphère qui s’en dégage, le calme, les tons clairs, les plantes, la cuisine ouverte sur la salle, le marbre des tables et le bois du mobilier, dont la couleur est rappelée par les cordes auxquelles sont suspendus les petits lustres. D’un côté, un grand miroir orne un pan de mur, tandis que celui d’en face est recouvert de carreaux turquoise qui rappelle l’océan à deux pas. Le restaurant est en effet situé au numéro 33 de la rua Dr. Peixoto Correia, artère parallèle à celle, plus grande, qui borde la plage de la Californie.

« Depuis le front de mer, les gens ont juste à monter les petits escaliers pour nous trouver », explique Maria Perestrelo, qui entre dans le vif du sujet. O Zagaia a rouvert ses portes à la fin mars. Le projet des trois amis d’enfance de Sesimbra qui l’ont relancé est né d’une envie : raviver la mémoire de l’emblématique marisqueira qui s’y trouvait, tenue par une femme bien connue des habitants de Sesimbra. C’est donc mus par la nostalgie que Pedro Mateus et João Proença, 37 ans, et Paulo Carvalho, 35 ans, ont décidé d’y investir. « Ils tenaient à conserver le nom de cet endroit qu’ils connaissaient depuis qu’ils étaient tout petits », souligne Maria Perestrelo, qui nous en dit un peu plus sur le pedigree des trois « sócios ». Pedro est le patron d’un restaurant tout proche, la Casa Mateus, qui appartient à sa famille. João s’occupe de la partie comptable du Zagaia, tandis que Paulo en est le chef cuisinier. Le voilà d’ailleurs qui arrive.

« On a chacun nos activités à côté et on se disait depuis un moment qu’un jour, on aurait notre propre restaurant. Voilà, on s’est donné les moyens d’y arriver », raconte Paulo. Tout s’est déclenché quand ce dernier filait des coups de main dans les cuisines de la Casa Mateus, le restaurant familial de son ami. « Quand on a vu que la marisqueira à côté allait fermer, c’était un crève-coeur. L’espace se libérait, on a sauté sur l’occasion pour se lancer. »

Avant cela, Paulo a aiguisé ses couteaux dans des lieux prestigieux. Diplômé de l’école d’hôtellerie et de tourisme de Lisbonne, le jeune homme a appris son métier notamment auprès de grands chefs français, Aimé Barroyer au sein du Pestana Palace à Lisbonne, puis Pierre Koffman au sein du Berkeley Hotel à Londres. Après quoi, le natif de Sesimbra est rentré au Portugal, notamment pour travailler dans les restaurants lisboètes Tavares Rico, A Cevicheria et O Asiático.

C’est donc lui, tout naturellement, qui a élaboré la carte du Zagaia, tout en insufflant au lieu la modernité et l’atmosphère des adresses de la capitale. Au menu donc : des classiques de la cuisine locale, mais revisités à sa sauce. « Quasiment tous nos produits viennent de la mer : seiche, calamar, poulpe… Notre petite différence par rapport aux autres, on l’apporte par exemple avec les moules au lait de coco et au citron kaffir (connu aussi sous le nom de combava), un plat d’inspiration asiatique qu’on peut apprécier notamment en Thaïlande, ou avec des plats que nous avons élaborés nous-mêmes, comme le calamar au beurre de carabineiros (gambons écarlates) ou les croquettes de sèche avec leur sauce à l’ail noir, la spécialité de la maison. Côté traditionnel, on propose par exemple les Amêijoas à Bulhão Pato (palourdes nappées d’une sauce composée d’huile d’olive, d’ail, de coriandre fraîche, et de vin blanc), les gambas à l’ail confit ou encore le pica-pau (viande de boeuf ou de porc frite et coupée en petits morceaux). »

Pour ce qui nous concerne et pour les avoir testés, nous recommandons vivement comme « pestiscos » les fameuses croquettes de sèche maison (5,25 euros), puis comme plat les moules, dont la sauce est agréablement relevée (12,80 euros). Et en dessert, le chocolat à la fleur de sel, auquel le chef ajoute devant vous un filet d’huile d’olive (5,75 euros).

Marie ajoute toutefois qu’en plus des huîtres, les autres spécialités maison sont les riz aux couteaux (arroz de lingueirão) ou aux gambons et aux algues, « deux plats très demandés par les clients actuellement même s’il fait très chaud », sourit-elle. Quant à la carte des vins, vous en verrez de toutes les couleurs (rouges, blancs, verts, rosés), en plus de la sangria, du mousseux et du champagne.

C’est déjà l’heure de quitter Maria, Paulo et leur équipe aux fourneaux. On laisse derrière nous les petites rues tranquilles, direction la plage en bas pour un bain de soleil. Si on ne devait garder que deux mots pour définir le Zagaia, ce serait ceux-ci : mémoire et innovation.

O Zagaia

Rua Dr. Peixoto Correia 33, Sesimbra

Ouvert du mercredi au lundi, de 12 h 30 à 15 h 30, puis de 19 h à 23 h

Fermé le lundi et le mardi midi

Tél. : (00351) 212 233 117

Mail : geral@ozagaia.pt

Facebook : ozagaia

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