Le sel de la terre

Un voyage tout en profondeur, à la découverte de l’or blanc de la mine souterraine de Campina de Cima, à Loulé

Beaucoup ignorent l’existence du labyrinthe de sel de Loulé, situé à 230 mètres de profondeur sous la ville. Creusé par les mineurs au cours des 50 dernières années, depuis 1964 exactement, il est constitué de quatre niveaux, et d’un total de 45 kilomètres de galeries. Cette cité Pombaline cachée, ouverte au public depuis octobre 2019, suscite aujourd’hui une énorme curiosité des touristes et des habitants.

À leur arrivée, les visiteurs sont équipés d’un casque, d’une lampe de poche et d’un manteau, et descendent en ascenseur vers le premier et plus ancien étage du souterrain. Alexandre Andrade est géologue et coordinateur de l’activité touristique : « Le sol, les murs, le plafond, et tout ce qui nous entoure, est composé de sel. Même si ça n’en a pas l’air ». À l’intérieur, la température est de 23 degrés. « C’est le seul endroit à visiter au Portugal à 30 mètres sous le niveau de la mer, explique le géologue. Les couloirs sont étonnamment spacieux, et l’une des plus grandes avenues mesure 1,2 km de long sur 12 mètres de large. »
Après les anciens bureaux, où des centaines de mineurs « pointaient » quotidiennement et établissaient des rapports détaillés, pour encadrer les travailleurs de l’équipe suivante, on peut admirer une des plus anciennes débroussailleuses, aujourd’hui hors d’usage.

Cette machine géante, partiellement rouillée par le temps qui passe, a permis avec deux autres engins, encore en service, un rendement de 50 tonnes par heure. « Toutes les mines du Portugal sont encore exploitées à l’explosif, à l’exception, depuis 1989, de celle-ci, qui est par ailleurs pionnière dans l’utilisation de véhicule diesel », explique le guide. Après Bondalti, c’est Tech Salt, qui depuis 2005, expédie la matière prélevée vers les secteurs de l’alimentation animale, et de la sécurité routière pour le dégivrage des routes : « Nous sommes les seuls du pays à répondre à cette demande, et nous exportons même vers le sud de l’Espagne ».

Une fois extrait, l’or blanc est conduit par camion pour être tamisé et broyé, et c’est seulement après ces processus qu’il est envoyé à la surface. Mais qu’est-ce qui le distingue des autres ? « Il contient plus de substances naturelles que le salin, et date d’au moins 230 millions d’années. Il n’est pas blanc, mais plutôt foncé, et possède 93,5% de chlorure de sodium pur. Il lui manque seulement 3 % pour être consommé par les hommes. »

Des expositions, des spectacles, des événements d’entreprise, sportifs, gastronomiques et liés à la santé sont organisés dans ces lieux, qui bénéficient de circonstances spécifiques pour améliorer la respiration. « On retrouve souvent dans les mines de sel des sanatoriums pour les asthmatiques, explique Andrade. Certaines ne sont pas saines et on y inhale des poussières de silice ou de charbon, mais pas ici ! Nous recevons beaucoup de demandes pour ce type de traitement et d’après les commentaires, ils sont efficaces et améliorent la vie des personnes soufrant de problèmes respiratoires. »

Présent depuis 1992, le géologue connaît ce sous-sol comme sa poche : « Nous perpétuons la vie de Campina de Cima, avec des animations parallèles, qui peuvent coexister avec l’activité minière, grâce à nos normes de sécurité infaillibles. Aucun accident mortel n’a eu lieu ici. Nous proposons l’accès à l’intérieur d’une industrie extractive, et aussi l’accès à l’intérieur de la planète, en d’autres termes, une combinaison entre tourisme industriel et géologique. Les murs nous racontent une histoire, et des changements minéralogiques qui s’étendent sur 230 millions d’années. Chaque mine est unique. »

Les plans pour l’avenir sont la poursuite de l’exploration et de la commercialisation des ressources minérales, mais aussi la réutilisation de l’espace d’une manière innovante : « Notre objectif est celui d’être un partenaire de référence sur le marché du sel, reconnu pour la qualité de ses produits, renforce Andrade. Nous basons notre offre sur des solutions novatrices, assurant des normes supérieures de sécurité et de respect de l’environnement, génératrices de valeur pour nos employés, actionnaires, clients, fournisseurs, ainsi que pour la communauté ».

Les visites sont accessibles à partir de l’âge de huit ans, et sont déconseillées aux personnes à mobilité réduite. Elles se font à pied, sur un parcours de 1,3 km d’une durée d’environ deux heures, et ont lieu les jours ouvrables à 9.30, 11.00, 14.30 et 16.00. Des petits groupes sont accompagnés d’un guide, en portugais, anglais ou français, qui, tout au long du voyage, dévoilera les mystères des lieux et répondra aux questions des plus curieux.

www.mina-sal-gema-loule.com

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