L’association ZERO demande des règles plus strictes sur les plantes indigènes, les dépenses et les véritables créations d’espaces verts
Le nouveau programme portugais de 8 millions d’euros destiné à restaurer la nature en milieu urbain risque de se transformer en opération de « greenwashing » si ses règles ne sont pas renforcées, prévient l’association environnementale ZERO.
La première tranche de financement du programme Pro Nat.urbe soutiendra des projets pilotes dans sept municipalités : Beja, Celorico da Beira, Évora, Guimarães, Leiria, São João da Madeira et Vila Real.
Le dispositif vise à créer et améliorer les espaces verts urbains, à aider les villes à s’adapter au changement climatique et à améliorer la qualité de vie, conformément à la loi européenne sur la restauration de la nature.
Cependant, ZERO estime que le programme ne prévoit actuellement pas suffisamment de garanties pour s’assurer que les fonds permettront de véritables améliorations environnementales, plutôt que de simplement multiplier les aménagements paysagers sur le papier.
L’une des principales préoccupations de l’association concerne le fait que le programme privilégie les arbres indigènes sans pour autant rendre leur utilisation obligatoire.
ZERO estime que les projets bénéficiant de ces financements devraient utiliser exclusivement des arbres, arbustes et autres plantes indigènes. Selon l’association, cette mesure est nécessaire pour restaurer des écosystèmes fonctionnels, plutôt que de simplement réaménager les espaces publics.
Elle souhaite également que les financements favorisent les prairies riches en biodiversité et la végétation naturelle, plutôt que les pelouses composées d’une seule espèce.
L’association environnementale s’interroge par ailleurs sur la manière dont les fonds seront dépensés.
ZERO estime qu’un coût maximal par mètre carré devrait être fixé afin d’éviter que des fonds publics limités ne soient consacrés à des projets coûteux offrant relativement peu de bénéfices sur le plan environnemental.
Autre sujet d’inquiétude : la manière dont est calculée l’augmentation des espaces verts urbains.
L’organisation prévient que des terrains déjà classés comme urbains peuvent parfois comprendre des zones agricoles. Les autorités pourraient ainsi comptabiliser une augmentation des « espaces verts » sans pour autant retirer du béton, planter des arbres ou rendre les rues plus végétalisées.
ZERO cite notamment les zones inondables de Loures, au nord de Lisbonne, comme exemple de terrains susceptibles de créer ce type de distorsion statistique.
L’association demande également l’interdiction totale des herbicides dans les zones bénéficiant de financements, plutôt que de considérer leur absence comme une simple bonne pratique recommandée.
ZERO avait salué le programme lorsqu’il avait été soumis à consultation publique en mai, mais estime désormais que ces faiblesses doivent être corrigées.
Le programme Pro Nat.urbe s’inscrit dans la réponse du Portugal à la loi européenne sur la restauration de la nature, qui vise à garantir qu’il n’y aura aucune perte nette d’espaces verts urbains d’ici 2030, avant une augmentation de ces espaces à partir de 2031.
Michael Bruxo
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