La plus ancienne ONG environnementale du Portugal met un terme à l’exploitation de carrières dans le parc naturel d’Arrábida

Expose les patrons de carrière pour avoir « essayé désespérément de changer les règles ».

LPN, la plus ancienne ONG environnementale de la péninsule ibérique, a appelé aujourd’hui à une arrêt définitif de l’activité extractive par Secil Portugal dans le parc naturel d’Arrábida.

Dans une lettre ouverte, l’association qui fête cette année ses 75 ans, a également s’oppose à l’agrandissement demandé par le cimentier, sur la base que c’est illégal.

« Au lieu de planifier sa fin de vie à Arrábida en temps opportun, Secil veut approfondir les blessures dans les montagnes », indique la lettre, faisant référence à l’offre de Secil pour ce qui est connu sous le nom de plan de carrière de calcaire Vale de Mós A.

Ce plan, pour la région d’Outão, prévoit la fusion des carrières actuelles de Vale de Mós A et Vale de Mós B – de calcaire et de marne, les matières premières nécessaires à la production de ciment – et l’extension de la zone d’exploitation des deux carrières de 18,5 hectares.

Selon le cimentier, le plan « réduit le quota d’exploitation de 40 à 80 mètres d’altitude ».

Il réduirait en pratique « la surface totale d’exploration des deux carrières de 18 hectares – grâce à l’inversion des 36 hectares déjà valorisés écologiquement – tout en permettant la création d’un niveau de 27 hectares de zone valorisée écologiquement et paysagère à 80 mètres d’altitude ».

Selon Secil, cela permettrait également d’avancer d’environ trois ans la fin de l’extraction du ciment dans les montagnes d’Arrábida, qui, selon les estimations actuelles, « pourrait se poursuivre pendant encore 40 ans ».

La lettre de LPN, cependant, montre que les écologistes ne l’achètent tout simplement pas.

Appelant à la « présentation d’un plan de déclassement des carrières de Secil dans le parc naturel d’Arrábida et à la fermeture consécutive de son usine d’Outão », l’association fait valoir que « le temps est venu » pour Secil de « boucler sa boucle dans cet espace protégé. Il doit le faire pour sa réputation, pour ses responsabilités sociales, pour le respect du patrimoine naturel et pour le potentiel de développement durable de la région ainsi abîmé par les plaies ouvertes dans la montagne par l’usine et les carrières ».

LPN insiste sur le groupe Secil a « tellement profité des ressources géographiques de la chaîne de montagnes Arrábida» et « devrait s’abstenir de chercher à augmenter la superficie à exploiter » pendant des décennies, en totale contravention avec les termes du plan de gestion du PNA pour le parc d’Arrábida forgé en 1976

Secil devrait se concentrer après toutes ces années sur la récupération du paysage creusé au nom du béton et investir dans des alternatives plus durables, comme le Projet Clean Cement Line « qui prouve la capacité d’innovation de l’entreprise et le maintien de ses ressources humaines ».

« Il est possible de donner une nouvelle vie à la chaîne de montagnes Arrábida (…) grâce au tourisme de nature et à la valorisation des biens et services écosystémiques », déclare LPN, soulignant que le règlement du plan de gestion de la PNA interdit à la fois de nouvelles carrières et l’expansion de celles existantes.

LPN fait également référence au fait que l’usine d’Outão n’est plus viable (n’a plus le volume de calcaire nécessaire) – mais que pour contourner cela, Secil a transporté du calcaire d’autres carrières pour maintenir la production.

« Si les récentes crises du secteur de la construction n’avaient pas ralenti le rythme de l’extraction, Secil serait déjà proche de l’arrêt de son activité extractive dans cette zone protégée et se consacrerait désormais pratiquement à 100% à sa renaturalisation », précise l’association environnementale.

Mais « au lieu de prévoir sa fin de vie à temps, Secil a attendu la fin de la partie pour lancer presque désespérément une dernière carte : sa demande de modification des règles – instruments juridiques d’aménagement du territoire – en sa faveur ».

La lettre ouverte de LPN a été contresignée par d’autres ONG Quercus, Zero et Geota.

Source : LUSA

Share this story

PinIt
LinkedIn
Share
WhatsApp