Né sur les réseaux sociaux, ce phénomène inspiré de la culture gaming transforme les places publiques en terrains de compétition et commence à faire parler de lui au Portugal
Deux adolescents se font face au milieu d’une foule. Ils se regardent, prennent une pose, enchaînent quelques gestes ou reproduisent un mème connu sur TikTok. Le public crie, les téléphones filment et, quelques secondes plus tard, un vainqueur est désigné. Bienvenue dans une battle d’aura, l’une des dernières tendances à avoir quitté les réseaux sociaux pour investir les rues.
Mais de quoi s’agit-il exactement ? Sur TikTok et Instagram, l’« aura » désigne la présence, le charisme, le style ou cette capacité à paraître naturellement cool. « Farmar », quant à lui, vient du vocabulaire des jeux vidéo, où farming consiste à répéter certaines actions pour accumuler des ressources, de l’expérience ou des récompenses. « Farmar aura » signifie donc, avec une bonne dose d’ironie, accumuler des points de charisme.
Les fameux « aura points » n’existent évidemment pas. Ils sont simplement une unité de mesure imaginaire née des mèmes et des commentaires sur les réseaux. Un geste particulièrement impressionnant peut donc faire gagner de l’aura, tandis qu’une tentative ratée peut en faire perdre.
Depuis 2026, le phénomène s’est transformé en véritables compétitions de rue, notamment au Mexique, au Brésil, en Argentine et dans d’autres pays d’Amérique latine. Les participants, souvent jeunes, s’affrontent pendant quelques secondes en utilisant poses, mimiques, danses, accessoires et références à la culture Internet.
Il n’existe pas vraiment de règles fixes. Le principe est surtout de faire rire, impressionner et paraître suffisamment sûr de soi pour faire réagir le public. Deux participants se succèdent, chacun essayant de produire le moment le plus spectaculaire ou le plus impassible possible, tandis que les spectateurs décident qui possède le plus d’aura.
Le phénomène commence lui aussi à faire son chemin au Portugal. Depuis août, des annonces de battles et de « championnats de farmar aura » circulent sur les réseaux sociaux, signe que le concept commence à dépasser le simple univers des mèmes.
Un « 1er championnat de Farmar Aura » avait notamment été annoncé à Leiria pour octobre, avant que l’association académique de l’Institut polytechnique local ne précise publiquement qu’elle n’était pas à l’origine de l’événement et ne l’avait pas autorisé. Pour l’instant, aucune battle organisée au Portugal n’a donc été officiellement confirmée.
Le phénomène n’en est pas moins en train de s’installer dans le vocabulaire et l’imaginaire des jeunes Portugais. Sur TikTok et Instagram, farmar aura est déjà utilisé comme une expression à part entière, y compris dans les contenus portugais. Et si les battles de rue tardent encore à se multiplier, il y a fort à parier que quelques places portugaises finiront bientôt par devenir, elles aussi, des arènes de charisme.
Source : Sic Noticias





