Le gouvernement veut renforcer les capacités du réseau face à l’électrification de l’économie, au développement des énergies renouvelables et à l’arrivée de nombreux projets de data centers.
Le gouvernement portugais a approuvé le Plan de développement et d’investissement du réseau national de distribution d’électricité à haute et moyenne tension (PDIRD-E 2026-2030), qui prévoit un investissement total de 1,58 milliard d’euros.
Présenté par E-Redes, l’opérateur du réseau national de distribution, le plan vise à moderniser et renforcer les infrastructures électriques du pays afin de répondre à la hausse de la demande, à l’intégration croissante des énergies renouvelables et à l’électrification progressive de l’économie.
Selon le gouvernement, ces investissements permettront notamment d’augmenter la capacité du réseau, de faciliter le raccordement de nouvelles installations de production, de consommation et de stockage d’énergie, mais aussi d’améliorer la sécurité et la qualité de l’approvisionnement électrique.
Le plan prévoit une hausse importante des investissements d’E-Redes, qui devraient atteindre environ 1,6 milliard d’euros entre 2026 et 2030, soit une augmentation de 50 % par rapport à la période précédente.
L’an dernier, le PDG d’EDP, Miguel Stilwell d’Andrade, avait indiqué qu’environ 45 % des investissements seraient consacrés à la modernisation du réseau, 15 % à sa digitalisation et environ 20 % à l’électrification et à la décarbonation.
Après le blackout qui a touché la péninsule Ibérique, une autre priorité est devenue particulièrement visible : la fiabilité du réseau. Quelque 20 % des investissements doivent ainsi être consacrés à renforcer les infrastructures et à garantir un approvisionnement plus robuste et continu. Selon le dirigeant, l’impact de ces investissements sur les tarifs devrait rester « négligeable ».
Le renforcement du réseau intervient également alors que le Portugal cherche à attirer des investissements massifs dans les infrastructures numériques, notamment les data centers.
Les investisseurs ont récemment averti que, sans nouvelles capacités électriques, il serait difficile de raccorder dans les délais et à des coûts raisonnables l’ensemble des projets actuellement envisagés.
Selon l’association portugaise des Data Centres (APCD), le pays pourrait attirer environ 13 milliards d’euros d’investissements dans les data centers au cours des cinq prochaines années.
À cela pourrait s’ajouter un investissement de 4 milliards d’euros lié au projet de gigafactory d’intelligence artificielle porté dans le cadre de la candidature portugaise soutenue par le Banco Português de Fomento.
Parmi les projets évoqués figurent notamment une infrastructure à Fundão, qui pourrait représenter 4 milliards d’euros d’investissement sur un site de 80 hectares, ainsi qu’un projet à Abrantes, évalué à 7 milliards d’euros.
De son côté, Start Campus poursuit déjà un projet estimé à 8,5 milliards d’euros, présenté comme le plus important investissement de ce type actuellement en cours au Portugal.
Pour Luís Duarte, président de l’APCD, le Portugal dispose de « conditions excellentes pour devenir un hub numérique » en Europe, notamment parce que des marchés comme l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Espagne sont désormais confrontés à des problèmes de saturation.
L’association estime même que l’hébergement de data centers pourrait contribuer à hauteur de 26 milliards d’euros au PIB portugais d’ici 2030.
Un potentiel qui dépend toutefois largement d’un facteur essentiel : la capacité du pays à fournir suffisamment d’électricité et à raccorder ces nouvelles infrastructures au réseau.
Le gouvernement semble désormais vouloir s’attaquer à cet enjeu avec son plan d’investissement de 1,58 milliard d’euros.
Natsha Donn ; Source : Lusa / Expresso





