Livre graphique : “Promouvoir Lisbonne, la petite sœur européenne de San Francisco”

L’éditrice Marie Chivot-Buhler, son mari Aurélien Chivot et Béatrice Bloomfield, graphiste, ont décidé de créer un livre illustré intitulé « SF-LX ». Le but ? Mettre en regard deux villes qu’ils considèrent jumelles. Marie dévoile les coulisses de ce projet.

Comment vous est venue cette idée de comparer Lisbonne et San Francisco ?

Marie Chivot-Buhler : « SF-LX » est parti du constat basique que tout étranger, touriste ou expat, se fait en arrivant Lisbonne. Quand on voit le pont du 25 Avril, on pense immédiatement au Golden Gate de San Francisco. Au début, c’était un jeu, chercher les similitudes entre les deux villes et puis on s’est dit qu’il y avait vraiment quelque chose à faire. L’idée, c’est aussi, quelque part, de promouvoir Lisbonne, la petite sœur européenne de San Francisco, et de lui donner tout le rayonnement qu’elle mérite.

Quelles sont les similitudes les plus frappantes ?

Bien entendu le pont rouge, les rues vallonnées, le tram, et le côté web tech, et les nouvelles start-up qui fleurissent, c’est d’ailleurs aussi ce qui nous a poussé à venir ici.

Et les différences ?

La plus importante sur laquelle justement on a joué, c’est au niveau culinaire : les pasteis vs les donuts, par exemple. Mais il y en a bien d’autres ; la météo par exemple, le fog (le brouillard) vs le ciel bleu permanent de Lisbonne. Au niveau musical, le fado vs la musique psychédélique hippie en Californie. En creusant, on en trouve d’autres. On change de continent, alors les différences culturelles sont fortes.

On compare souvent la région de Lisbonne à la Californie, vous êtes d’accord ?

Tout à fait. Il y a d’abord la mer et le surf. Si on étend un peu, il y a le vin, même si c’est le Douro qui est le plus connu au Portugal. Et puis la proximité avec l’océan donne une mentalité assez cool et offre une qualité de vie assez douce aux habitants des deux régions.

Comment avez-vous procédé pour créer votre livre ?

Depuis un an et demi à peu près, depuis que le projet mûrit entre nous, on s’est retrouvés pour des réunions, des brainstorming, on a commencé par lister les similitudes qu’on connaissait entre les deux villes. On a définit les points sur lesquels on allait se fixer et on a cherché une cohérence. Ensuite, on a commencé à faire les illustrations.

Comment comptez-vous financer l’ouvrage ?

On a lancé un Kickstarter, c’est-à-dire un financement participatif via Internet. L’idée était de rassembler des fonds le plus rapidement possible pour donner un salaire à la graphiste, qui a travaillé pendant deux mois sur les dessins, et pour ensuite sortir le livre en octobre. Malheureusement, on ne sera pas prêts, car on n’a pas réussi à atteindre la somme nécessaire. On va reprendre de zéro, être plus présents et se faire connaître encore plus dans les médias, les réseaux sociaux et sur notre site.

Quel a été le rôle de chacun ?

Béa est notre illustratrice. Moi, je suis éditrice, je m’occupe de la gestion du projet, de la coordination et de la fabrication du livre. Aurélien est développeur Web, il s’est occupé de la partie technique sur Internet, sur le site, sur Google Analytics et Google AdWords et de la partie financière.

Quel est votre parcours ? D’où venez-vous ? Pourquoi vous-êtes vous installée à Lisbonne ?

Je viens de la traduction littéraire, anglaisfrançais, mais j’ai commencé dans l’édition il y sept ou huit ans aux éditions Lattès, en tant que salariée à Paris. Quand on a décidé de s’installer à Lisbonne, je me suis mise en free-lance, j’ai continué en partie à travailler pour eux et aussi pour d’autres éditeurs du côté de la traduction littéraire. On a choisi Lisbonne pour fuir un peu Paris, pour sa douceur de vie, la mentalité de ses habitants qui sont hyper accueillants, calmes et assez philosophes. J’ai entendu plusieurs fois des Portugais dire : « Il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des solutions. » Et puis, bien sûr, pour le climat, c’est l’une des villes les plus ensoleillées d’Europe. Le challenge d’apprendre une nouvelle langue nous a beaucoup plu aussi.

C’est le moment de se mouiller, laquelle de ces deux villes préférez-vous ?

C’est dur, mais je choisis Lisbonne. D’abord parce que c’est l’Europe. Je me verrais bien vivre à San Francisco, mais pas toute la vie, pour une expérience d’un an ou deux, par exemple. J’adore les États-Unis, les Américains et leur façon de créer des contacts est super et j’aime beaucoup travailler avec eux. Par ailleurs, la distance me freine un peu, c’est loin, particulièrement San Francisco ; il y a un énorme décalage horaire et pour garder contact avec l’Europe, ça demande beaucoup d’organisation. En revanche, à Lisbonne, c’est différent, je ne sais pas si j’y resterai pour toujours mais pour le moment, je me vois bien continuer ici. En tant que français, le choc culturel est fort aux États-Unis, bien que ce soit occidental. On n’a pas le même rapport aux gens, alors qu’au Portugal, c’est plus facile de s’intégrer même si on est étrangers. On a beaucoup de points communs culturellement.

Comment pourrons-nous nous procurer « SF-LX » ?

Pour la partie physique, il sera disponible à Lisbonne dans les librairies un peu arty, dans l’air du temps, branchées graphisme, etc. On le trouvera également dans les points touristiques, les concepts stores un peu à la mode, au Lisbon Shop, par exemple. Pour ce qui est de San Francisco, il faudra qu’on ait quelqu’un sur place. Bien sûr, on pourra se le procurer sur le Web, on vient de là et c’est un projet quand même très axé sur le digital, donc on aura une boutique en ligne.

Est-ce que ça vous donne des idées pour la suite ? D’autres projets d’écriture, éventuellement ?

Oui, absolument. D’abord, j’adore le côté graphique et le challenge de la langue. On d’adresse à un public anglophone, lusophone et quelque part aussi francophone puisqu’on est tous les trois français. Du coup, grâce aux illustrations, on règle ce problème linguistique, on joue sur les images et je trouve que c’est un super support, c’est universel, on peut en faire beaucoup de choses, comme jouer sur les couleurs et les lignes.

Qu’en est-il du public à San Francisco ? Sera-t-il réceptif ?

Je n’ai jamais entendu d’Américains, en tous cas de vive voix, faire la comparaison entre les deux villes. En revanche, en faisant des recherches sur le Web, j’ai trouvé pas mal d’articles ou de blogs sur le sujet, y compris à SF, qui les mettaient en parallèle. Ça nous a conforté dans l’idée qu’il fallait faire quelque chose là-dessus et puis les Californiens sont plutôt voyageurs et ouverts sur le monde, je pense qu’ils seront curieux et se rendront compte par euxmêmes de notre constat.

Un mot pour la fin ?

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