Image: José Sena Goulão/ Lusa
Luís Montenegro déjà critiqué pour son manque de transparence sur ses déclarations de revenus
À peine sorti des critiques liées à son attitude jugée « déconnectée » lors des grands incendies de l’été, le Premier ministre Luís Montenegro se retrouve au cœur d’une nouvelle polémique. Selon le tabloïd Correio da Manhã, il aurait demandé à l’Entité pour la transparence (EpT) de masquer l’accès public aux 55 biens immobiliers qu’il a déclarés dans son patrimoine.
Parmi ces propriétés figurent six biens urbains – dont sa maison familiale à Espinho et un appartement à Lisbonne – et 46 terrains rustiques hérités de sa famille. Le chef du gouvernement aurait invoqué des raisons de sécurité et de protection de la vie privée, les numéros matriciaux permettant d’identifier l’emplacement exact des biens.
Cependant, la presse rappelle que ce n’est pas la première fois que M. Montenegro bloque l’accès à ses déclarations : il s’y serait opposé à quatre reprises depuis avril 2024. Cette pratique intervient après son refus, déjà controversé, de divulguer publiquement les informations liées à l’entreprise familiale dont il fut associé – un dossier qui avait contribué à la dissolution du Parlement en mars et à la convocation d’élections anticipées en mai.
Selon Expresso, l’accès aux déclarations d’intérêts et de patrimoine des responsables politiques s’est durci en août 2024, sous le gouvernement actuel. Depuis, les citoyens doivent présenter une demande motivée pour consulter ces données, et les journalistes doivent en préciser l’« intérêt journalistique ». En février dernier, une proposition du PSD a même introduit une notification automatique aux responsables concernés en cas de consultation, mais cette disposition est tombée avec la dissolution du Parlement.
Aujourd’hui, une grande partie de ces informations est verrouillée par des icônes « cadenas », les utilisateurs recevant des messages indiquant que les documents sont soumis à une demande préalable ou qu’ils sont inaccessibles pour secret professionnel.
Des experts en gouvernance et plusieurs médias dénoncent un recul démocratique, contraire aux standards internationaux de transparence et de prévention de la corruption.
Le directeur adjoint de Correio da Manhã, Eduardo Dâmaso, estime que l’affaire illustre la volonté du gouvernement de se soustraire au contrôle public :
« C’est un pas en arrière inacceptable dans la défense de l’intérêt général. Un pas en arrière mené par le PSD, qui vit de propagande et coexiste sans problème avec les intérêts économiques, loin des exigences fondamentales de la démocratie : le contrôle public et le respect de la liberté de la presse. »
Cette polémique survient à quelques semaines d’échéances électorales cruciales : les municipales en octobre, puis la présidentielle environ trois mois plus tard. Le candidat soutenu par la coalition PSD/CDS-PP (AD), l’ancien leader du PSD Luís Marques Mendes, mise sur son expérience politique. Mais son principal rival, l’amiral Henrique Gouveia e Melo, avance au contraire que l’indépendance vis-à-vis des partis constitue un meilleur atout pour la présidence. Les accusations de manque de transparence pourraient peser lourd dans ce débat.
Source : Correio da Manhã / Expresso
Le poste PM dans une nouvelle controverse alors qu’il «cache» 55 propriétés de la consultation publique est apparu en premier sur Résident du Portugal.




