Le mouvement Acampada Lisboa a approuvé, lors d’une assemblée publique organisée mercredi soir, la tenue d’une nouvelle manifestation samedi à Lisbonne. Le cortège doit relier le Marquês de Pombal à la place du Rossio, où un rassemblement est ensuite prévu.
La proposition a recueilli plus de 230 voix favorables, tandis que 95 participants ont préféré organiser uniquement un rassemblement sur la place Dom Pedro IV, au Rossio.
La possibilité d’installer des tentes sera de nouveau soumise au vote samedi. Lors du précédent campement, la police avait exigé leur retrait avant 00 h 30, une intervention qui avait donné lieu à des scènes de violence.
Depuis, le sujet suscite un vif débat public. Plusieurs commentateurs télévisés ont notamment souligné le contraste entre les interventions policières lors des manifestations pour le logement et la gestion des rassemblements de supporters après les matchs de football, où les forces de l’ordre ne chargent généralement pas les foules à coups de matraque et avec des chiens.
Les campements et les rassemblements en faveur du droit au logement ont débuté il y a plus de deux semaines à Porto, avant de s’étendre à Lisbonne et à d’autres villes du pays.
À Porto, le mouvement a voté en faveur de la création d’un nouveau campement et du lancement d’un journal militant destiné à mettre en lumière le quotidien des personnes sans abri. Les participants souhaitent également s’inscrire dans l’appel de la confédération syndicale CGTP à une grève générale ibérique le 11 novembre.
L’assemblée de mercredi soir a par ailleurs évoqué la mobilisation de la communauté de Covas do Barroso, dans la commune de Boticas, au nord du pays. Les participants souhaitent organiser un déplacement d’une journée ou de plusieurs jours pour soutenir les agriculteurs locaux, engagés depuis huit ans dans une lutte pour préserver leurs moyens de subsistance.
À Porto, la question du logement reste également au cœur des préoccupations municipales. Le maire, Pedro Duarte, a annoncé son intention de multiplier par dix l’IMI, l’impôt foncier municipal, sur les logements vacants situés dans le centre historique. L’objectif est d’inciter les propriétaires à remettre ces biens sur le marché résidentiel. Il a précisé que ces logements ne pourraient pas être utilisés pour l’hébergement touristique de type Alojamento Local (AL), la municipalité ayant déjà suspendu l’octroi de nouvelles autorisations dans le centre historique.
Natasha Donn





