Le gouverneur de la Banque du Portugal estime que les banques portugaises disposent d’une marge pour augmenter les taux proposés aux épargnants, alors que ceux-ci restent parmi les plus faibles de la zone euro malgré la bonne santé financière du secteur.
Les banques portugaises ont les moyens de mieux rémunérer l’épargne, a estimé aujourd’hui le gouverneur de la Banque du Portugal, Álvaro Santos Pereira. Il a notamment souligné que les taux des dépôts restent nettement inférieurs à la moyenne de la zone euro, alors que le secteur bancaire affiche de solides résultats financiers.
En juillet, les nouveaux dépôts à terme des particuliers étaient rémunérés en moyenne à 1,59 % au Portugal, contre 2,14 % dans l’ensemble de la zone euro. Les taux atteignaient 2,58 % en Finlande, 2,55 % aux Pays-Bas et 2,47 % en Italie.
Intervenant lors de la Money Conference organisée par le Diário de Notícias, Álvaro Santos Pereira a estimé que les banques portugaises pouvaient améliorer les rendements proposés à leurs clients.
« Les taux d’intérêt proposés aux déposants restent nettement inférieurs à ceux pratiqués dans d’autres pays européens », a-t-il souligné, précisant que cet écart concernait également les comptes courants.
« Il existe une marge pour augmenter les taux des dépôts et pour améliorer les incitations à l’épargne », a-t-il ajouté.
Cette intervention met en évidence le contraste entre la bonne santé financière des banques et la rémunération encore limitée des clients qui leur confient leur épargne. Elle ne signifie toutefois pas que les taux vont nécessairement augmenter.
Le gouverneur a également rappelé que l’inflation avait régulièrement dépassé les taux d’intérêt ces dernières années, ce qui signifie que les épargnants ont perdu du pouvoir d’achat malgré les intérêts perçus.
« Si nous voulons que les entreprises investissent davantage et que les ménages épargnent davantage, il est essentiel d’améliorer les conditions de l’épargne dans le pays », a-t-il insisté.
Les chiffres présentés lors de la conférence témoignent par ailleurs d’un secteur bancaire disposant de réserves de capitaux plus importantes, d’une rentabilité durable et d’un nombre réduit de prêts problématiques.
Le rendement des fonds propres, indicateur de rentabilité, atteignait 13,5 % en juin, tandis que les créances douteuses représentaient 2,1 % de l’ensemble des crédits. Le ratio de fonds propres de la meilleure qualité s’élevait quant à lui à 18,2 %.
Dans le même temps, les crédits immobiliers ont progressé de 10,6 % en juin.
Ces données viennent renforcer le constat du gouverneur : les banques portugaises se trouvent dans une situation solide et disposent d’une marge pour proposer de meilleures conditions aux épargnants. Reste désormais à savoir si elles le feront.
Natasha Donn





