Le Portugal menacé d’un retour sous surveillance budgétaire européenne

Le Portugal risque de « violer les règles européennes de contrôle des dépenses » et de se retrouver à nouveau soumis à une procédure pour déficit excessif, comme l’avait déjà averti cet été l’ancien gouverneur de la Banque du Portugal, Mário Centeno.

Selon les projections publiées par la Commission européenne dans son paquet budgétaire d’automne, relayées par le journal Negócios, le pays pourrait dépasser les limites fixées pour le compte de contrôle des dépenses. Dans le cadre du nouveau cadre budgétaire européen, les États membres se sont engagés sur des trajectoires pluriannuelles d’évolution des dépenses, limitées à 0,3 % du PIB par an, avec un plafond cumulé de 0,6 %.

Or le Portugal figure parmi les pays susceptibles de dépasser ces seuils dès la première année des plans structurels, avec un écart estimé à 0,7 % du PIB en 2025 comme en 2026.

Si ces chiffres sont confirmés par l’Institut national de la statistique à la fin mars 2026, la Commission devra préparer un rapport au titre de l’article 126 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Ce document constitue la première étape d’une analyse approfondie pour vérifier le respect du critère de la dette, obligatoire pour les pays dont le ratio dépasse 60 % du PIB, et pourrait aboutir à l’ouverture d’une procédure pour déficit excessif fondée sur l’endettement, même en l’absence de déficit excessif au sens strict.

Point positif pour le gouvernement, Bruxelles n’a pas, à ce stade, identifié de signes d’indiscipline budgétaire dans son évaluation du projet de budget pour 2026 qui justifieraient une déclaration immédiate de non-conformité. La Commission estime en effet que la situation budgétaire du Portugal reste « proche de l’équilibre », avec un déficit attendu limité à 0,3 % du PIB en 2026.

Le problème réside surtout dans ce que Negócios qualifie d’« écart cumulé », qui s’explique non seulement par les prévisions pour 2025, mais aussi par l’évolution des comptes en 2024, déjà intégrée dans la méthodologie européenne. En 2023, les trajectoires pour 2025-2028 avaient été fixées sur la base des projections pour 2024. Or les dépenses se sont révélées supérieures aux prévisions, entraînant un dérapage de 0,5 % du PIB, automatiquement reporté sur le compte de contrôle.

Avec l’augmentation supplémentaire de 0,3 % attendue cette année, l’exécutif se trouve donc sous pression, ce qui pourrait expliquer son exaspération face aux revendications salariales persistantes et au mécontentement de plusieurs secteurs.

Source : Negócios / ZAP ; Image : fotoblend pour Pixabay

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