Le budget du logement chute de 63,5 %

Avec la fin des financements du Plan de relance et de résilience (PRR), les investissements prévus dans le programme « Construir Portugal » diminueront de près des deux tiers en 2027. Une baisse qui intervient alors que le manque de logements et la hausse des loyers continuent de susciter des protestations.

Les investissements prévus dans le cadre du programme gouvernemental de logement « Construir Portugal » devraient chuter de près des deux tiers l’an prochain, avec la fin des financements européens liés à la relance, dans un contexte marqué par les protestations contre la pénurie de logements et le coût élevé des loyers.

Le projet de budget de l’État pour 2027, dont l’examen parlementaire doit débuter demain, prévoit 1,061 milliard d’euros pour ce programme, contre 2,905 milliards cette année. La baisse atteint ainsi 1,844 milliard d’euros, soit 63,5 %.

Le recul le plus important concerne les aides à l’accès au logement, dont l’enveloppe passe de 2,216 milliards à 424 millions d’euros, soit une diminution de 80,9 %.

Le fonds national destiné aux hébergements d’urgence et temporaires, qui avait bénéficié de 139 millions d’euros cette année, ne dispose plus d’aucun financement prévu pour 2027. Les crédits consacrés à la rénovation du parc immobilier diminuent également, passant de 22 à 10 millions d’euros.

À l’inverse, les investissements dans le logement public abordable, dans le cadre de la régénération et de l’expansion urbaines, progressent. Leur enveloppe passe de 463 à 612 millions d’euros, soit 149 millions supplémentaires. Cette hausse reste toutefois insuffisante pour compenser les réductions enregistrées dans les autres domaines.

Présenté par le Premier ministre Luís Montenegro en mai 2024, le programme « Construir Portugal » prévoyait un investissement d’environ 7,5 milliards d’euros d’ici à la fin de la législature.

Selon le Jornal de Notícias, cette baisse intervient après une multiplication par plus de quatre des investissements dans le cadre du programme en 2026.

Le gouvernement présente ce recul comme une transition après les financements exceptionnels apportés par le Plan de relance et de résilience (PRR). Dans son rapport budgétaire, il mise notamment sur les fonds structurels européens, en particulier le programme Portugal 2030, ainsi que sur les financements nationaux et les capitaux privés, pour maintenir les investissements.

Le rapport ne précise toutefois pas quelle part de cette baisse s’explique par l’achèvement de projets, la fin des financements du PRR ou des modifications du calendrier des chantiers. Les chiffres globaux ne permettent donc pas, à eux seuls, de déterminer quels projets pourraient être concernés.

Le ministre des Finances, Joaquim Miranda Sarmento, assure que les financements de la politique du logement sont garantis. Lors d’une audition parlementaire récente, il a réaffirmé l’objectif de construire 59 000 logements sociaux d’ici à la fin de la décennie.

Il a également mis en avant l’accélération de la mise en œuvre du programme Portugal 2030 et la mobilisation de fonds nationaux pour maintenir les investissements après la fin du PRR.

Une enveloppe distincte de 2 milliards d’euros

En parallèle des crédits prévus pour « Construir Portugal », le projet de budget alloue 2,003 milliards d’euros au programme budgétaire plus large consacré au logement, soit environ 1,39 euro sur 100 euros de dépenses publiques prévues.

Il s’agit de deux dispositifs budgétaires distincts, dont les montants ne peuvent pas simplement être additionnés.

Sur cette enveloppe globale, 1,071 milliard d’euros est destiné au développement de l’offre de logements et à la régénération urbaine, 917 millions à l’accès au logement et aux aides locatives, et 15 millions à la gestion urbaine et à la qualité de l’environnement bâti.

Les crédits consacrés aux aides au logement couvrent notamment les dispositifs Porta 65 Jovem, Porta 65+ et PAER, ainsi que les contrats d’investissement dans des logements destinés à la location et les incitations fiscales en faveur des loyers abordables.

De même, l’ensemble des crédits destinés à développer l’offre de logements ne correspond pas exclusivement à la construction de nouveaux biens : cette enveloppe regroupe plusieurs types de mesures. Les dépenses publiques comprennent également le coût des avantages fiscaux liés au logement.

Les municipalités sous pression

Le ralentissement attendu après la fin du PRR concerne aussi les collectivités locales. Tous secteurs confondus — et pas uniquement celui du logement —, les investissements municipaux devraient diminuer de 29,4 %, soit environ 1,45 milliard d’euros, pour s’établir à 3,47 milliards d’euros.

Pour aider les municipalités à mener à bien leurs projets de logement, le gouvernement envisage d’exclure certains emprunts du calcul des limites d’endettement municipal.

Cette mesure donnerait aux collectivités une plus grande marge de manœuvre pour emprunter. Les prêts resteraient toutefois à rembourser.

Sources : Jornal de Notícias / ZAP

Natasha Donn

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