Des habitants contestent des méga-projets solaires

La contestation monte dans la région de la Beira Baixa, au centre du Portugal. Plusieurs dizaines de manifestants se sont réunis à Castelo Branco pour dénoncer le manque de transparence autour de deux gigantesques projets de centrales solaires, baptisés Beira et Sophia.

Ces projets photovoltaïques, pourtant jugés environnementalement problématiques par l’Agência Portuguesa do Ambiente (APA), pourraient malgré tout voir le jour. Une situation qui alimente la colère des collectifs locaux, alors même que le gouvernement accélère sa stratégie en faveur des énergies renouvelables.

La ministre de l’Environnement et de l’Énergie, Maria da Graça Carvalho, a récemment réaffirmé la volonté du pays de réduire fortement sa dépendance aux énergies fossiles dans les prochaines années. Pour atteindre cet objectif, Lisbonne veut simplifier et accélérer certains projets énergétiques. Mais sur le terrain, cette ambition se heurte parfois à une opposition locale grandissante.

Dans la Beira Baixa, les manifestants reprochent notamment à l’APA de ne pas avoir rendu publics certains documents liés aux études d’impact environnemental. Selon eux, les promoteurs auraient eu accès à ces informations avant les citoyens eux-mêmes.

Plusieurs associations et mouvements citoyens ont ainsi adressé une plainte officielle à la Commission d’accès aux documents administratifs, exigeant davantage de clarté dans le processus. Ils demandent aussi qu’aucune décision irréversible ne soit prise sans consultation publique complète et transparente.

Parmi les organisations mobilisées figurent notamment Quercus et la Plateforme pour la défense du parc naturel international du Tage. Les opposants craignent également les effets cumulés de ces installations géantes sur les paysages, les écosystèmes et l’usage des terres agricoles.

Le projet Sophia représente un investissement d’environ 590 millions d’euros et couvrirait plusieurs municipalités du district de Castelo Branco. Quant au projet Beira, il prévoit l’installation de plus de 425 000 panneaux photovoltaïques sur plus de 500 hectares.

Un détail a aussi marqué la mobilisation : lorsque les manifestants ont demandé à signer le livre de réclamations à l’agence environnementale, celui-ci n’était apparemment pas disponible sur place, malgré l’obligation légale. La police a dû intervenir pour gérer l’incident.

Entre urgence climatique et protection des territoires, le débat autour des énergies renouvelables continue donc de diviser au Portugal.

Natasha Donn

Source : LUSA/União de Defesa de Covas do Barroso

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