Une lettre ouverte adressée au président de la République, António José Seguro, dénonce les interventions policières lors des campements organisés pour défendre le droit au logement.
Le texte a recueilli le soutien de plus de 1 000 professionnels du droit, parmi lesquels des avocats, des juristes, des étudiants en droit et d’autres acteurs du monde judiciaire. Selon ses initiateurs, de nombreux citoyens issus d’autres secteurs professionnels soutiennent également la démarche.
L’initiative défend le droit fondamental de manifester et dénonce le recours à la force lors des interventions policières, notamment l’utilisation de matraques, qui aurait fait des dizaines de blessés, ainsi que la présence de chiens ayant effrayé les personnes rassemblées. Lancée le 24 octobre, quelques heures après la diffusion d’images des interventions dans les médias nationaux et sur les réseaux sociaux, la lettre rappelle que le droit de manifester « n’est pas une concession accordée par le pouvoir politique », mais un droit dont l’exercice ne dépend pas d’une autorisation préalable.
Les signataires soulignent qu’il s’agit de l’une des conquêtes fondamentales du régime démocratique instauré après la révolution du 25 avril 1974. Ils estiment également que les droits fondamentaux « ne peuvent être vidés de leur substance par des interprétations ou des pratiques restrictives » qui, au nom du maintien de l’ordre public, en compromettent l’exercice effectif.
Cette initiative fait suite à une autre lettre ouverte publiée mercredi, dans laquelle 430 avocats appelaient les responsables politiques et les forces de l’ordre à « respecter scrupuleusement les droits fondamentaux de manifester et de résister », demandant la fin de toute intervention policière portant atteinte à ces droits.
Les campements en faveur du droit au logement ont débuté le 10 octobre à Porto, avant de s’étendre à Lisbonne. Plusieurs interventions policières ont donné lieu à des usages de la force, faisant de nombreux blessés et entraînant des dizaines d’interpellations.
Les manifestants invoquent le droit constitutionnel de manifester pour refuser les ordres de la PSP, la police de sécurité publique, leur demandant de retirer leurs tentes ou de quitter les lieux. De son côté, la police s’appuie sur un décret-loi d’août 1974 qui prévoit que les manifestations ne peuvent se poursuivre au-delà de 00 h 30.
Mardi, António José Seguro a appelé au dialogue sur la question du logement, affirmant qu’il ne souhaitait « jamais la violence ». Le président a déclaré avoir été choqué par les images des interventions survenues dimanche matin, tout en précisant attendre les conclusions des enquêtes sur le comportement des forces de l’ordre.
Les manifestants, eux, ont annoncé leur intention de rester dans la rue et de poursuivre leurs campements. Ils réclament l’abandon du projet de réforme de la loi sur les locations, la fin des démolitions et des expulsions lorsqu’aucune solution de relogement n’est proposée, des mesures contre les achats immobiliers spéculatifs, le développement du logement public et la mise en place de plafonds de loyers « véritablement abordables ».
Source : Lusa
Natasha Donn





