Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a remporté un quatrième mandat historique, devançant Flávio Bolsonaro au second tour. Mais le résultat suscite déjà des contestations, tandis qu’au Portugal, le chef du parti Chega, André Ventura, réclame une vérification judiciaire du scrutin.
Luiz Inácio Lula da Silva a été réélu président du Brésil dimanche 25 octobre, avec 51,79 % des suffrages exprimés, contre 48,21 % pour son adversaire, le sénateur Flávio Bolsonaro. À 80 ans, le dirigeant du Parti des travailleurs (PT) devient ainsi le premier président brésilien élu quatre fois par les urnes. Sa victoire est d’autant plus marquante qu’il était arrivé en deuxième position au premier tour, derrière le fils de l’ancien président Jair Bolsonaro. Il a finalement renversé la tendance grâce à une mobilisation accrue de ses soutiens, notamment sur les réseaux sociaux et dans la rue. <Cite refs={[“turn257456search1″,”turn257456search6”]}/>
Cette victoire ne signifie toutefois pas que les divisions politiques du pays sont apaisées. Flávio Bolsonaro a contesté le résultat et annoncé son intention de demander l’annulation du scrutin. Au cœur des critiques figure notamment la décision de prolonger jusqu’à 19 heures, dans certaines zones, l’ouverture des bureaux de vote initialement prévue jusqu’à 17 heures. Cette mesure exceptionnelle a été prise en raison de difficultés liées aux transports publics, susceptibles d’empêcher certains électeurs de rejoindre leur bureau de vote. Le Tribunal supérieur électoral (TSE) a lui-même reconnu les difficultés opérationnelles provoquées par cette décision, prise à quelques heures de la clôture du scrutin. Ces critiques ne suffisent cependant pas, à elles seules, à démontrer que le résultat est irrégulier. <Cite refs={[“turn257456search1″,”turn257456search3”]}/>
Au Portugal, le résultat a également suscité des réactions politiques. André Ventura, président de Chega, a exprimé son mécontentement face à la réélection de Lula, qu’il accuse notamment d’incarner une politique marquée par la corruption et de fragiliser les liens entre les pays lusophones. Il estime que le Portugal devrait attendre une vérification judiciaire du processus électoral brésilien avant de reconnaître pleinement le résultat.
Pour justifier sa position, le dirigeant de Chega a notamment évoqué la prolongation des horaires de vote et les différences de traitement entre les bureaux concernés. Il a également affirmé que plusieurs pays occidentaux n’avaient pas encore reconnu l’élection, tout en soulignant la responsabilité particulière du Portugal, qui accueille une importante communauté brésilienne. Ces déclarations reflètent sa position politique et ne constituent pas, en elles-mêmes, la preuve d’une irrégularité électorale. <Cite refs={[“turn257456search3”]}/>
Les liens entre les deux pays donnent à cette élection une résonance particulière au Portugal, où la vie politique brésilienne mobilise une partie de la population. Une marche de soutien à Lula avait notamment eu lieu à Lisbonne le 18 octobre, avant le second tour. Les images de ce rassemblement ont ensuite été reprises par André Ventura dans une publication critiquant les manifestations pour le droit au logement, une utilisation des images contestée par le site de vérification des faits Polígrafo. <Cite refs={[“turn257456search5”]}/>
Pour Lula, le défi commence maintenant : gouverner un pays profondément divisé, alors que son adversaire conserve un soutien considérable et que les forces conservatrices disposent d’un poids important au Congrès. Sa réélection marque un nouveau chapitre de sa longue carrière politique, mais aussi le début d’un mandat sous haute tension.
Johanna Trevoizan




