Le loup ibérique au cœur d’un bras de fer entre éleveurs et gouvernement

La tension monte entre les éleveurs du nord du Portugal et le gouvernement autour de la protection du loup ibérique. Réunis au sein de l’UPGALL, l’association des éleveurs affectés par les attaques de loups, les professionnels du secteur alertent sur une situation qu’ils jugent devenue critique pour l’élevage extensif.

À l’origine de leur colère : les déclarations récentes de la ministre de l’Environnement, Maria da Graça Carvalho, qui a indiqué travailler sur un nouveau décret visant à renforcer la protection du loup ibérique.

Pour Orlando Gonçalves, porte-parole de l’UPGALL, cette perspective est difficilement compréhensible alors que les éleveurs affirment subir des pertes de plus en plus importantes. Selon lui, les attaques se multiplient et les professionnels reçoivent chaque semaine des signalements et des photos d’animaux tués ou blessés.

Le débat ne concerne pas uniquement les troupeaux. Les éleveurs mettent également en avant le sort du cheval Garrano, une race sauvage emblématique du nord du Portugal. Dans les montagnes de Santa Luzia, près de Viana do Castelo, les effectifs auraient fortement diminué ces dernières années. Alors qu’environ un millier de chevaux vivaient autrefois dans la région, les éleveurs estiment qu’il pourrait n’en rester que 300 aujourd’hui.

Des études menées au Portugal et en Espagne montrent que le Garrano représente une part importante du régime alimentaire du loup ibérique dans certaines zones du nord-ouest de la péninsule. Les chercheurs soulignent toutefois que cette prédation permet également de limiter les attaques contre les bovins, les chèvres ou les moutons, en offrant au prédateur une proie sauvage alternative.

Face à cette situation, l’UPGALL a invité les députés de la commission parlementaire de l’Agriculture à se rendre sur le terrain le 23 juin prochain, lors du rassemblement annuel des chevaux Garrano dans les montagnes de Santa Luzia. Les éleveurs espèrent également la présence du ministre de l’Agriculture afin qu’il puisse constater la situation de ses propres yeux.

Le dossier illustre un débat de plus en plus sensible au Portugal : comment concilier la protection d’une espèce sauvage menacée avec la préservation des activités agricoles et d’autres espèces locales également fragilisées.

Natasha Donn

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