Crise de l’INEM : les pompiers menacent de suspendre les ambulances, les secouristes dénoncent des fraudes à la formation

Rien ne va plus au sein de l’INEM (Institut national d’urgence médicale) et du ministère de la Santé. Tandis que les pompiers portugais menacent de cesser l’utilisation des ambulances de l’INEM dès mercredi prochain faute de paiements en souffrance, les techniciens d’urgence médicale, réunis au sein de l’ANTEM, accusent l’institution de graves manquements dans la sélection et la formation des personnels.

À l’origine de la colère des pompiers : des arriérés de paiement portant sur des services de transport d’urgence remontant à février, mars et avril derniers. Selon la Ligue des pompiers portugais (LBP), une facture transmise en mai est toujours impayée, en dépit des engagements pris par le ministère de la Santé, qui assurait avoir trouvé un accord avec les Finances.

« Il n’y a aucune prévision de règlement à ce jour », déclare António Nunes, président de la LBP. En conséquence, si la situation n’évolue pas d’ici mercredi 24 juillet, les pompiers refuseront d’utiliser les ambulances de l’INEM à compter de vendredi prochain, 25 juillet – une mesure qui aurait des répercussions directes sur la prise en charge des urgences pré-hospitalières.

Une résolution en ce sens a été votée à l’unanimité lors d’une réunion du Conseil national de la Ligue.

Parallèlement, l’ANTEM (Association nationale des techniciens d’urgence médicale) réclame la démission immédiate du président de l’INEM, Sérgio Janeiro, qu’elle juge responsable de « graves irrégularités » dans les procédures de sélection des candidats aux formations de techniciens.

Selon un communiqué publié hier, l’INEM fermerait les yeux sur des pratiques de tricherie lors des tests d’évaluation, admettant ainsi des candidats non qualifiés. Pour l’ANTEM, cette situation compromet la qualité et la fiabilité de la formation, mettant potentiellement en danger les patients pris en charge par ces intervenants.

« Dans l’intérêt public, pour la dignité de l’action pré-hospitalière et la sécurité des usagers, toute forme d’inertie ou de complaisance serait moralement et institutionnellement inacceptable », affirme l’association.

L’ANTEM demande la suspension immédiate des formations en cours, ainsi qu’un audit indépendant pour évaluer l’intégrité du processus de sélection et identifier d’éventuelles défaillances internes et externes de contrôle.

Cette polémique s’inscrit dans une série de critiques déjà anciennes visant l’INEM. En décembre dernier, l’Inspection générale des activités de santé (IGAS) avait conclu, à l’issue d’un audit demandé par la ministre de la Santé, que certains techniciens d’urgence pré-hospitalière avaient intégré leur fonction sans en remplir les conditions requises. L’INEM, indiquait alors l’IGAS, ne serait pas en mesure de garantir que les formations ont lieu conformément aux normes prévues.

Ces nouvelles révélations surviennent quelques jours seulement après la publication d’une tribune du président de Gulf Med Aviation Services, Simon Camilleri, qui rejette sur le gouvernement la responsabilité des retards dans la mise en œuvre de la couverture héliportée d’urgence.

La pression ne cesse donc de monter sur l’INEM et le ministère de la Santé, déjà fragilisés par des scandales récents et une grève des techniciens d’urgence en novembre dernier.

Source : LUSA

Le poste INEM / Ministère de la santé sous le feu de tous les côtés est apparu en premier sur Résident du Portugal.

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