António José Seguro, 63 ans, ancien leader du Parti socialiste, ex-député européen et ancien professeur d’université, est le nouveau président de la République portugaise.
Il a obtenu un score historique avec 3 482 481 voix, soit près de 67 % des suffrages, remportant presque tout le territoire. Son adversaire André Ventura n’a gagné que dans les municipalités d’Elvas et de São Vicente, à Madère.
Certains critiques affirment que cette victoire résulte du soutien des partis traditionnels face à la droite, mais Seguro insiste sur son indépendance malgré son passé politique. D’ailleurs, le Parti socialiste n’a officiellement soutenu sa candidature que plusieurs semaines après son annonce, et certaines figures du parti y étaient initialement opposées. Après dix ans d’éloignement de la vie politique, il revient avec une volonté affichée de liberté et d’autonomie.
Lors de son discours de victoire, il a tendu la main à son rival en appelant à travailler ensemble pour « un Portugal plus développé et plus juste ». Il a aussi évoqué les victimes des récentes tempêtes, saluant la solidarité des Portugais tout en rappelant que celle-ci « ne peut remplacer la responsabilité de l’État ». Il a promis aux populations touchées : « Je n’accepterai pas les lourdeurs bureaucratiques » et « Je ne vous abandonnerai jamais ».
Avant son investiture, prévue le 9 mars, le président élu prévoit de visiter plusieurs zones sinistrées afin d’évaluer les besoins réels des populations et vérifier la mise en place des aides promises. Dès la confirmation de sa victoire, il a d’ailleurs contacté plusieurs maires de communes touchées avant de rencontrer le président Marcelo Rebelo de Sousa pendant plus de trois heures.
Durant la campagne, Seguro a déjà affiché certaines positions susceptibles d’inquiéter le gouvernement. Il a notamment indiqué qu’il pourrait opposer son veto à la réforme du travail « Trabalho XXI » si elle n’était pas modifiée, et défend une coopération politique élargie pour renforcer le service national de santé.
Il affirme vouloir des solutions durables aux problèmes du pays et assure que « les choses ne resteront pas les mêmes ». Il a également annoncé qu’il ne résidera pas en permanence au palais de Belém, préférant rester vivre à Caldas da Rainha et n’utiliser la résidence officielle que lorsque son agenda l’exigera.
En raison des intempéries, le vote a été reporté dans plusieurs municipalités. Au total, 36 852 électeurs doivent encore se rendre aux urnes le 15 février.





