Usine de dessalement à Albufeira : la justice freine l’empressement des autorités

Le tribunal suspend la consultation publique, les militants saisissent les instances européennes

Le projet controversé d’une usine de dessalement à proximité de l’une des plages les plus emblématiques de l’Algarve vient de subir un sérieux revers. Le tribunal administratif de Loulé a décidé de suspendre la procédure de consultation publique, estimant que celle-ci était biaisée en faveur du projet et ne garantissait pas un véritable dialogue avec la population.

La décision fait suite à une action en référé déposée par la société immobilière SEACLIFF Compra e Venda de Imóveis, S.A, qui considère cette suspension comme « une petite victoire », mais néanmoins une avancée majeure pour la justice environnementale.

« Le juge a reconnu l’injustice de la procédure », a déclaré une source proche de SEACLIFF, une initiative largement soutenue par la Plateforme pour une gestion durable de l’eau (PAS), qui dénonce depuis des mois les conséquences écologiques et économiques de ce projet – notamment son coût énergétique élevé, qui serait inévitablement répercuté sur les consommateurs.

Ce mardi 23 juillet, date à laquelle la consultation publique devait officiellement s’achever, PAS a confirmé son soutien à SEACLIFF, critiquant un processus « faussé dès le départ » et portant atteinte à la participation démocratique.

Dans un communiqué envoyé à la presse, PAS estime que la manière dont a été organisée la consultation « représente un profond mépris pour la démocratie participative, en créant de sérieux obstacles à l’accès à l’information et à l’analyse critique des citoyens ».

« La documentation mise à disposition est, selon PAS, désorganisée, difficile d’accès et incompatible avec les principes de transparence imposés par la loi. »

Entre le 3 et le 23 juillet, plus de 400 documents ont été mis en ligne pour analyse en à peine 14 jours ouvrables. Certains fichiers sont rédigés en plusieurs langues (portugais, espagnol, anglais), sans structure claire. Les titres sont vagues ou trompeurs – ex. : “Études marines”, “Études préalables” ou simplement “Listés”.

Parmi les documents, on trouve 116 fichiers intitulés ET – 03.03 Characteristics Sheets ; 13 fichiers appelés Annexe 1 – Études préalables ; des doublons et des contenus techniques flous ou génériques, rendant toute évaluation concrète difficile.

« Ces obstacles compromettent gravement l’exercice du droit à la participation citoyenne et à l’accès à l’information », martèle PAS, rappelant que ces droits sont garantis par le droit portugais et européen, notamment via la Convention d’Aarhus et la Directive 2011/92/UE sur l’évaluation environnementale des projets publics et privés.

« Si l’objectif réel est de décourager la participation, il devient urgent de mettre en place des mesures strictes pour éviter ces abus et sanctionner les responsables. »

Face à ce qu’elle qualifie de violation manifeste des principes de transparence, de participation et de justice environnementale, PAS annonce qu’elle saisira plusieurs instances européennes : la Commission européenne, garante de l’application des directives environnementales ; le Parlement européen, notamment ses commissions Environnement et Droits des citoyens et le Comité de la Convention d’Aarhus, qui surveille le respect des droits d’accès à l’information et à la justice en matière environnementale.

« PAS réaffirme son engagement en faveur d’une gestion de l’eau publique, durable, transparente et démocratique. »

Ce recours intervient alors que les autorités pensaient pouvoir faire passer le projet discrètement en pleine période estivale, profitant de la baisse de vigilance des citoyens. Mais les temps changent : la société civile reste mobilisée. Pour PAS et SEACLIFF, il n’est plus question de laisser passer ce type de stratégie sans riposte.

Source : LUSA

Le poste Les freins appliqués à la hâte des autorités à avancer avec l’usine de dessalement d’Albufeira est apparu en premier sur Résident du Portugal.

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