La Commission nationale de protection des données (CNPD) a ouvert une enquête suite à un coup d’éclat controversé du leader de CHEGA, André Ventura, qui a énuméré à l’Assemblée les prénoms d’enfants d’origine étrangère inscrits dans une école de Lisbonne.
Ce geste, qualifié de « profondément choquant » par plusieurs élus, a suscité une vague d’indignation dans l’hémicycle — allant jusqu’à faire pleurer une députée, selon certains témoignages. De nombreux éditorialistes ont ensuite comparé cette intervention à des pratiques de persécution fasciste de minorités, telles qu’elles ont pu exister à la veille de la Seconde Guerre mondiale.
Dans le tumulte qui a suivi, il est apparu que les députés du groupe CHEGA eux-mêmes ne savaient pas si la liste était authentique, ni de quelle école il s’agissait exactement. Elle leur aurait simplement été transmise par e-mail.
Le message que voulait faire passer André Ventura était que ces enfants « non portugais » auraient été priorisés dans l’attribution des places scolaires, au détriment d’enfants portugais. Une affirmation infondée, qui n’a pu être étayée par aucun élément concret.
Mais c’est surtout le caractère nominatif de l’intervention — dans l’enceinte même de l’Assemblée — qui a provoqué des plaintes formelles auprès de la CNPD, désormais chargée d’enquêter sur une possible violation du règlement général sur la protection des données (RGPD).
En cas d’infraction avérée, le parti pourrait être sanctionné par une amende, précisent les premières analyses.
Aucune information officielle n’a encore été communiquée sur les conséquences si la liste s’avérait totalement fictive, à l’instar de l’argument politique que Ventura cherchait à construire autour d’elle.
Interrogé sur l’ouverture de cette enquête, André Ventura s’est dit stupéfait et a dénoncé une « persécution politique ».
« C’est absurde. Seul un pays qui n’a rien d’autre à faire, un pays qui ne se préoccupe ni de la corruption, ni de l’immigration illégale, ni de la criminalité, peut perdre du temps à pourchasser des députés », a-t-il déclaré.
Le président de CHEGA a conclu en affirmant : « CHEGA continuera de nommer qui il veut, quand il veut, chaque fois qu’il s’agira de défendre les Portugais et nos valeurs, en particulier la lutte contre la corruption incontrôlée et l’insécurité. »
Source : LUSA/ SIC Notícias
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