Un projet minier bloqué par l’Agence Portugaise pour l’Environnement

Une opposition concertée à un projet d’extraction de cuivre, de plomb et de zinc à Lagoa Salgada – entre Grândola et Alcácer do Sal, dans l’Alentejo – célèbre une victoire rare face à ce qui semblait, par moments, être un combat perdu d’avance.

L’« Agencia Portuguesa pelo Ambiente » (APA) a rendu un second avis environnemental négatif, laissant entendre que le projet minier, pourtant classé « Projet d’Intérêt National » (PIN) sous le précédent gouvernement socialiste, n’a désormais aucune chance d’aboutir.

Il s’agit d’un rejet particulièrement inhabituel pour un projet bénéficiant du statut PIN, généralement accordé à des investissements jugés trop importants pour être bloqués, au détriment des oppositions locales.

Dans ce cas précis, les éléments présentés ont convaincu l’APA que l’activité minière aurait des impacts très significatifs sur l’environnement et les communautés locales, notamment parce qu’elle était prévue au-dessus de la nappe phréatique alimentant le réseau d’eau potable de la région.

Le promoteur, Redcorp, avait déjà modifié son projet après un premier veto de l’APA. Cette fois-ci, l’agence a mis en avant l’opposition transversale de citoyens, de maires, d’associations environnementales et d’acteurs économiques.

La mobilisation a été longue et difficile. Les opposants estiment désormais qu’il est temps pour le ministère de l’Environnement d’identifier des améliorations à apporter, « au niveau législatif et réglementaire, dans les procédures d’attribution des concessions minières, actuelles et futures ».

Selon eux, ce projet n’aurait jamais dû obtenir le statut PIN, car il n’a jamais été souhaité par les populations locales et présentait dès le départ des impacts environnementaux clairement négatifs.

L’an dernier, des milliers de personnes ont signé une pétition contre le projet, tandis que plusieurs chaînes de télévision ont relayé les arguments des opposants. Les travaux de construction devaient commencer début 2026, avec une mise en exploitation prévue pour 2027.

Le maire de Grândola, Luís Vital Alexandre, visiblement soulagé, a déclaré au Correio da Manhã :
« L’APA a reconnu tout ce que nous disions depuis des mois et tout ce que nous avons fait pour arrêter ce projet. »
Les habitants espèrent désormais « que ce sera la fin » d’un processus qui « traînait depuis plusieurs décennies », freinant d’autres investissements par crainte de voir le projet minier aboutir.

Redcorp prévoyait une exploitation sur 11 ans, représentant un investissement de 196 millions d’euros, avec la création annoncée de 300 emplois directs et 700 emplois indirects.

Des chiffres que les opposants ont toujours contestés, soulignant que la région dispose déjà d’un tissu économique solide dans l’agriculture, la sylviculture et le tourisme – des secteurs qui auraient été gravement affectés par l’exploitation minière.

À la suite de ce second veto de l’APA, l’ONG environnementale ZERO a salué ce qu’elle considère comme « une décision courageuse », compte tenu du statut de Projet d’Intérêt National et des pressions associées.

Sources : Correio da Manhã / Observador

Le poste Un projet minier « d’intérêt national » bloqué par l’agence environnementale est apparu en premier sur Résident du Portugal.

Share this story

PinIt
LinkedIn
Share
WhatsApp