Un contrat millionnaire de plus fragilise la privatisation de TAP

Un nouveau « contrat millionnaire » vient compliquer un peu plus le processus de privatisation de la compagnie aérienne nationale TAP, au moment même où celui-ci démarre.

Le ministre des Infrastructures et du Logement, Miguel Pinto Luz, reconnaît que ces révélations nuisent à l’image de l’entreprise, tout en assurant que le gouvernement travaille pour parvenir à « la meilleure privatisation possible ».

Il est désormais admis qu’il sera impossible pour l’État de récupérer les milliards d’euros investis ces dernières années dans la compagnie. En 2023, l’ancien Premier ministre António Costa évoquait déjà un scénario optimiste de 900 millions d’euros pour la vente de TAP. Depuis, les revers se sont enchaînés, notamment après la décision de la Cour suprême déclarant illégaux les licenciements opérés pendant la pandémie, exposant TAP à des demandes d’indemnisation pouvant atteindre 300 millions d’euros.

C’est toutefois l’enquête du ministère public sur la première tentative de privatisation, menée à la fin du dernier gouvernement PSD, qui est à l’origine des nouvelles révélations, dévoilées par le quotidien Correio da Manhã puis reprises par d’autres médias. L’enquête porte sur des soupçons de « gestion ruineuse, participation économique dans une entreprise, corruption passive, fraude fiscale qualifiée et fraude qualifiée à la Sécurité sociale ».

Des perquisitions ont déjà eu lieu et plusieurs mis en cause ont été identifiés. L’affaire révélée aujourd’hui concerne un contrat de consultance conclu en 2018 entre TAP et son ancien directeur général, Fernando Pinto, cinq jours seulement après son départ du conseil d’administration, par l’intermédiaire d’une société qui n’existait même pas au moment de la signature.

Entre 2018 et 2020, Fernando Pinto aurait perçu plus de 1,62 million d’euros de la part de TAP, soit environ 67 000 euros par mois. Selon Correio da Manhã, un audit de l’Inspection générale des finances n’a pas permis de vérifier concrètement le travail effectivement réalisé. La chaîne SIC va plus loin, évoquant « des soupçons selon lesquels les montants versés ne correspondent pas aux prestations effectuées ».

Le même jour que la signature du contrat avec la société inexistante, Fernando Pinto aurait également conclu un accord complémentaire lui garantissant cinq ans d’assurance santé, deux ans d’assurance-vie, une voiture et un téléphone de fonction ainsi que des avantages sur les vols TAP.

Ces nouvelles informations interviennent alors que, dès 2021, le gouvernement avait dû solliciter en urgence l’aide européenne pour sauver la compagnie de la faillite. Elles ne font que fragiliser davantage un processus de privatisation déjà complexe et politiquement très sensible.

Sources : Correio da Manhã / SIC ; Image : Joel santana Joelfotos pour Pixabay

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