Taux d’intérêt : vers un retour à la normale

Laptop (burst-unsplash)Photo: BURST/UNSPLASH

Après deux années de hausses rapides destinées à juguler l’inflation, les taux directeurs commencent à refluer au Royaume-Uni comme dans la zone euro, suivant le ralentissement généralisé de la hausse des prix.

Au Royaume-Uni, la Banque d’Angleterre a maintenu en novembre son taux directeur à 4 %, une décision serrée : quatre membres du comité de politique monétaire plaidaient pour une baisse à 3,75 %. L’institution avait déjà abaissé son taux en août, de 4,25 % à 4 %, soit sa cinquième baisse depuis l’été 2024 et son plus bas niveau depuis plus de deux ans. Après être restés proches de zéro entre 2009 et 2021, les taux britanniques avaient bondi jusqu’à 5,25 % en août 2023 pour freiner l’inflation. Celle-ci est désormais loin de son pic de 11,1 % en 2022, mais son niveau actuel, 3,8 %, reste supérieur à l’objectif de 2 %. Le comité estime toutefois que la hausse des prix a atteint son maximum et prévoit, si la tendance se confirme, de pouvoir réduire progressivement les taux.

Dans la zone euro, la Banque centrale européenne a abaissé son taux de dépôt à huit reprises entre juin 2024 et juin 2025, jusqu’à 2 %. Les taux des opérations principales de refinancement et de la facilité de prêt marginal ont été ramenés respectivement à 2,15 % et 2,4 %. Depuis, la BCE ne les a plus touchés. Christine Lagarde a indiqué en octobre que la décision de statu quo avait été unanime, jugeant les risques « équilibrés » et la banque « dans une bonne position ». L’inflation moyenne dans la zone euro s’établissait alors à 2,6 %, tandis que celle du Portugal était estimée à 2 % en octobre.

La baisse des taux est généralement perçue comme une nouvelle positive pour l’activité économique : gouvernements, entreprises et particuliers empruntent moins cher, ce qui stimule investissement, croissance et création d’emplois. Les entreprises réduisent leur dette et investissent davantage, les marchés boursiers tendent à en bénéficier, et la hausse des prix des obligations, inversement corrélés aux taux, favorise les portefeuilles diversifiés. Les crédits immobiliers devenant plus accessibles, le marché du logement peut également se redynamiser. Les investisseurs diversifiés, répartis entre actions, obligations et immobilier, peuvent ainsi tirer un réel avantage d’un environnement de taux en recul.

Pour les épargnants en liquidités, l’effet est inverse : la rémunération des dépôts bancaires diminue mécaniquement avec les taux directeurs. L’érosion provoquée par l’inflation et la fiscalité — 28 % sur les intérêts au Portugal — peut réduire les rendements réels à presque rien. À cela s’ajoute la question de la protection des dépôts : en cas de faillite bancaire, les garanties européennes et britanniques sont limitées à 100 000 € ou 85 000 £ par personne et par établissement, laissant vulnérables les épargnants disposant de montants plus élevés sur un seul compte.

Conserver des liquidités reste indispensable pour les dépenses courantes et les imprévus, mais s’appuyer sur elles pour un revenu de retraite comporte des risques. Il est essentiel d’évaluer régulièrement sa stratégie financière et d’envisager des solutions plus équilibrées et fiscalement efficaces. Une diversification adaptée, mêlant actifs de croissance comme les actions et actifs plus stables comme les obligations, peut offrir de meilleurs rendements à long terme tout en réduisant l’exposition au risque.

Pour les résidents au Portugal, certaines structures d’investissement permettent d’accéder à des portefeuilles larges et diversifiés tout en offrant des avantages fiscaux et une meilleure protection que les dépôts bancaires traditionnels. Un accompagnement professionnel et un plan patrimonial bien conçu apportent sécurité, efficacité fiscale et sérénité dans la gestion de son avenir financier.

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