
Fermée depuis 1986, la mine de Borralha, à Montalegre, pourrait rouvrir pour une durée de quinze ans. Le projet, actuellement soumis à consultation publique jusqu’au 17 novembre, suscite une forte opposition de la part d’associations et de juristes spécialisés dans la défense de l’environnement, qui alertent sur ses conséquences potentielles pour la santé et les écosystèmes.
Selon l’avocat Rui Amores, connu pour son travail contre les projets industriels à fort impact écologique, l’exploitation promet du tungstène pour la transition technologique, mais risque aussi d’aggraver la pollution aux métaux lourds déjà présente dans la région. Les études du projet reconnaissent en effet que les rivières locales contiennent du cadmium, du mercure et du cuivre issus d’anciennes exploitations minières. Ces substances se déversent dans le réservoir de Venda Nova, qui alimente en eau potable une partie de la vallée de l’Ave et la ville de Braga.
Le site se trouve à moins de deux kilomètres du barrage et à six kilomètres du parc national de Peneda-Gerês, au cœur de la Réserve de biosphère Gerês-Xurés et du Barroso, reconnu patrimoine agricole mondial.
Les promoteurs du projet affirment vouloir réhabiliter une zone minière abandonnée et réduire la pollution historique, mais les opposants restent sceptiques. Rui Amores souligne que « l’État n’a jamais procédé à la dépollution des sols, pourtant saturés d’arsenic et de plomb » et doute qu’« une entreprise privée guidée par le profit » soit capable d’assurer cette mission.
Le Laboratoire national de l’énergie et de la géologie (LNEG) a déjà constaté un drainage acide sévère, responsable de la contamination des sols, des rivières et des nappes phréatiques, avec des effets notables sur la biodiversité et, potentiellement, sur la santé publique. Malgré cela, la société Mineralia prévoit d’exploiter le sous-sol de Borralha 24 heures sur 24, en trois équipes quotidiennes.
Les critiques relèvent aussi l’absence d’évaluation du risque radiologique dans l’étude d’impact environnemental. Pour Rui Amores, cette réouverture serait « la chronique d’un empoisonnement annoncé ». Il appelle les citoyens à participer à la consultation publique et à faire entendre leur voix contre un projet « qui menace la qualité de l’eau au nom du progrès ».
Le débat intervient alors que d’autres projets énergétiques controversés, comme le parc solaire “Sophia Parque Solar” (590 millions d’euros d’investissement entre Fundão, Penamacor et Idanha-a-Nova), sont également soumis à consultation. Des élus locaux, le parti PAN et plusieurs ONG environnementales, dont Quercus, demandent leur suspension en raison des impacts sur les forêts, la biodiversité et les communautés rurales.
Des collectifs comme Aware Algarve dénoncent une tendance nationale à « sacrifier les défenses naturelles du pays » au profit d’un développement présenté comme durable. Selon eux, « la transition énergétique se transforme en une nouvelle ruée vers l’or vert, où la course au profit avance plus vite que les écosystèmes ».
Source : Rui Amores Substack/ Aware Algarve / LUSA
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