Réforme de loi sur l’immigration adoptée malgré les critiques

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Le Parlement portugais a approuvé ce jeudi les amendements controversés à la loi encadrant l’entrée, le séjour et l’expulsion des étrangers du territoire national. Cette réforme, portée par le gouvernement de coalition PSD/CDS-PP (AD) et soutenue par le parti d’extrême droite CHEGA, a suscité une vive opposition des partis de gauche et d’Iniciativa Liberal (IL), qui dénoncent la précipitation du processus législatif et l’absence de consultations obligatoires.

Adopté en commission des affaires constitutionnelles plus tôt ce mois-ci, le texte a été critiqué pour avoir été élaboré sans concertation avec les associations de migrants ni experts constitutionnels, comme le demandait l’opposition. Ce manque de transparence est considéré par certains élus comme une violation de la loi.

Si « Iniciativa Liberal » avait voté contre en commission, le parti s’est abstenu lors du vote en séance plénière, pointant non pas l’absence de consultations, mais ce que son président Rui Rocha a qualifié de « propositions législatives de la 25e heure ».

« Il s’agit d’un texte sensible qui ne présente pas toutes les garanties requises dans son élaboration », a-t-il déclaré, regrettant que les auditions obligatoires n’aient pas eu lieu.

Une loi jugée « dangereuse et malveillante »

Pour les associations de migrants, la réforme rendra l’accès au territoire et au séjour plus difficile. Mais le gouvernement, lui, estime que le texte est conforme à la Constitution.

L’opposition ne décolère pas. Le député socialiste Pedro Delgado Alves a dénoncé une « précipitation procédurale » du gouvernement et une volonté manifeste d’exclure les associations et experts du débat.

« Le contenu est problématique », a-t-il insisté, évoquant des atteintes aux droits des migrants, « des risques pour l’économie portugaise » et « pour la cohésion sociale ». Il a également fustigé l’alliance de la coalition gouvernementale avec CHEGA, accusant l’exécutif de « céder à une agenda dangereux » et d’« ouvrir la porte à l’extrémisme ».

« Ne devenez pas les otages de l’extrême droite. C’est une honte », a-t-il lancé.

Un débat hautement politique

Il faut rappeler que les dernières élections législatives ont vu une progression importante de CHEGA, dont le discours anti-immigration a séduit une part croissante de l’électorat, souvent au détriment du PS. C’est dans ce contexte que la majorité s’appuie aujourd’hui sur les voix du parti d’extrême droite pour faire passer ses réformes.

António Rodrigues, député du PSD, a défendu le texte, affirmant que l’immigration est « le sujet le plus débattu des 15 derniers mois ». Il a reproché aux socialistes d’avoir ignoré la question pendant leurs années au pouvoir : « Ils ont préféré rester enlisés dans leurs propres contradictions. »

À gauche, la riposte ne s’est pas fait attendre. Mariana Mortágua (Bloco de Esquerda) a dénoncé un « opportunisme répugnant » et appelé le président Marcelo Rebelo de Sousa à opposer son veto.

Paulo Muacho (LIVRE) a estimé que cette réforme donne naissance à une loi « malveillante », imposée « par une majorité arrogante » sans avoir « écouté personne ».

« Vous avez même ignoré les entités dont l’audition est pourtant obligatoire », a-t-il déploré.

Inês Sousa Real (PAN) a parlé de « violation flagrante de la loi » et rappelé que les nouvelles règles sur le regroupement familial auraient dû passer par une consultation de la Commission nationale pour l’enfance et la jeunesse.

« Oui, les flux migratoires doivent être encadrés, mais par une loi juste et humaine », a-t-elle souligné.

Des critiques similaires ont été émises par le PCP (Parti communiste) et JPP.

Une loi « urgente », selon la majorité

Du côté de la majorité, João Almeida (CDS-PP) a défendu une réforme à la fois « nécessaire » et « urgente », compte tenu de la situation du pays.

« Les gens ne sont pas endormis. Ils vont adapter leur comportement à ce qui arrive », a-t-il déclaré, ajoutant que toute lenteur législative aurait compromis l’efficacité de la réforme.

Reste désormais à savoir si le président de la République validera cette loi… ou s’il y opposera son veto.

Source : LUSA

Le poste Les modifications de la loi réglementant les étrangers obtient l’approbation parlementaire, malgré les critiques est apparu en premier sur Résident du Portugal.

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