Réforme de loi sur la nationalité : clarifications

Des précisions importantes ont été apportées à la réforme de loi sur la nationalité, confirmant que les demandes déposées avant l’entrée en vigueur du nouveau texte resteront traitées selon les anciennes règles. Cette annonce vise à calmer les inquiétudes apparues ces derniers jours parmi les candidats à la citoyenneté.

L’information a été communiquée par l’Institut des registres et des notaires IRN, après une période de confusion liée au rythme des dépôts en ligne et aux délais de traitement administratif. Le point central concernait la date déterminante pour l’application de la loi : celle de l’enregistrement de la demande dans le système est désormais confirmée comme référence officielle.

Concrètement, toute demande soumise avant la publication de la loi au Diário da República restera soumise à l’ancien régime, même si son traitement intervient plus tard. Les conditions actuelles, dont le seuil de cinq ans de résidence, continueront donc de s’appliquer à ces dossiers.

Cette clarification intervient dans un contexte de forte pression administrative, marqué par une hausse soudaine des demandes et des ralentissements des plateformes numériques de l’IRN. Elle répond aussi aux inquiétudes de nombreux candidats et juristes qui redoutaient que des délais techniques ne les fassent basculer vers un régime plus strict.

Des règles plus strictes pour les futures demandes

La nouvelle législation introduit en effet un durcissement significatif des conditions d’accès à la nationalité portugaise. Le temps de résidence légal requis passe à sept ans pour les ressortissants de pays lusophones et de l’Union européenne, et à dix ans pour les autres nationalités.

La réforme met également fin à certains régimes spécifiques, notamment ceux liés aux descendants de Juifs séfarades portugais et à certaines situations historiques liées aux anciens territoires d’outre-mer.

Autre changement majeur : les enfants nés au Portugal de parents étrangers ne bénéficieront plus automatiquement de la nationalité si un seul parent réside depuis un an dans le pays. Désormais, un minimum de cinq ans de résidence légale pour un parent sera exigé.

La loi introduit aussi de nouvelles exigences d’intégration, avec des tests ou certifications portant sur la langue portugaise, la culture, l’histoire et les symboles nationaux, ainsi qu’une connaissance du système politique. Les candidats devront en outre signer une déclaration d’adhésion aux principes de l’État de Droit Démocratique.

Un débat politique encore sensible

Si le texte a été approuvé et promulgué, il continue de susciter des débats politiques. Le président de la République António José Seguro a rappelé l’importance de ne pas pénaliser les dossiers déjà en cours et a appelé à protéger la confiance des citoyens dans l’État.

La réforme a été soutenue par plusieurs partis de droite et du centre-droit, tandis que les formations de gauche s’y sont opposées. Parmi les points les plus controversés figure la possibilité de retirer la nationalité comme sanction pénale dans certains cas graves, une mesure finalement censurée par le Tribunal Constitutionnel.

Pour le gouvernement, l’objectif affiché reste de renforcer les conditions d’intégration tout en encadrant plus strictement l’accès à la citoyenneté. La loi doit entrer en vigueur dès sa publication officielle, attendue dans les prochains jours.

Michael Bruxo

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