Photo: DANIELA/UNSPLASH
La réforme renforce les critères d’intégration et aligne la législation sur les standards européens
Le Portugal a entamé en 2025 une vaste réforme de son cadre légal régissant l’entrée, le séjour et l’éloignement des étrangers. La loi de 2007, qui fixait jusqu’ici les règles en la matière, est profondément révisée afin de moderniser la politique migratoire, de durcir les conditions d’intégration et d’assurer une conformité accrue avec les directives de l’Union européenne.
Parmi les mesures phares figure l’abrogation définitive du mécanisme qui permettait aux immigrés sans papiers de régulariser leur situation grâce aux cotisations sociales. Ce dispositif sera fermé aux nouvelles demandes, mais un régime transitoire est maintenu jusqu’au 31 décembre 2025 pour ceux enregistrés avant juin 2024.
Les visas de recherche d’emploi seront désormais réservés aux travailleurs hautement qualifiés, qui devront obtenir un contrat dans un délai de 120 jours, faute de quoi ils devront quitter le territoire. Les règles de regroupement familial sont également renforcées : deux années de résidence légale préalable seront exigées, seules les demandes concernant des mineurs présents au Portugal pourront être introduites sur place, et les candidats devront justifier de ressources propres, d’un logement adapté ainsi que d’efforts d’intégration (cours de langue, scolarisation des enfants).
Les ressortissants des pays de la CPLP ne pourront plus régulariser leur statut à partir d’un séjour touristique : ils devront solliciter un visa de résidence depuis leur pays d’origine, sous réserve d’un contrôle sécuritaire préalable.
La réforme touche également la loi sur la nationalité :
– la durée de résidence requise passe de cinq à dix ans (sept ans pour les citoyens de la CPLP) ;
– un examen officiel sur la langue, la culture et les droits civiques sera instauré ;
– la naturalisation des descendants de Sépharades est supprimée ;
– la déchéance de nationalité pourra être prononcée en cas de condamnations pénales graves dans les dix ans suivant l’acquisition.
Sur le plan institutionnel, une nouvelle Unité nationale pour les étrangers et les frontières (UNEF) sera créée, chargée du contrôle aux frontières et de l’exécution des mesures d’éloignement, tandis que l’AIMA centralisera les procédures administratives. Les demandes de résidence devront être traitées dans un délai maximal de neuf mois. Le mécanisme d’approbation tacite disparaît.
Le président de la République a toutefois saisi le Tribunal constitutionnel, exprimant des doutes sur la conformité de certaines dispositions aux droits fondamentaux, notamment en matière de regroupement familial et d’accès à la justice.
En conclusion, la réforme marque un tournant restrictif de la politique migratoire portugaise, mettant l’accent sur les qualifications professionnelles, l’intégration culturelle et la sécurité juridique, tout en prévoyant des régimes transitoires pour les dossiers en cours. Le débat parlementaire et l’examen constitutionnel détermineront l’ampleur définitive de ces changements.
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