
Avec la publication, il y a quelques jours, du Rapport sur les noyades 2024, un chiffre inquiète : sur les 120 noyades enregistrées au Portugal, 12 – soit 10 % – ont eu lieu dans des puits.
Beaucoup de puits, parfois anciens, sont dans un état de délabrement avancé. Comme l’illustre la photo, ils peuvent devenir de véritables pièges, notamment pour les jeunes enfants et les animaux.
Au cours des cinq dernières années, 79 personnes ont perdu la vie après être tombées dans un puits. C’est bien plus que les 22 victimes recensées sur la même période lors d’incendies ruraux, dont 19 pompiers (source : AGIF). Le nombre de blessés dans ce type d’accident reste inconnu.
Des drames évitables
Ces accidents touchent toutes les tranches d’âge, du nord au sud du pays. Pourtant, la loi impose aux propriétaires de sécuriser leurs puits.
En 2022, l’un des cas les plus tragiques a été la découverte du corps d’un jeune Britannique de 22 ans dans un puits à São Bartolomeu de Messines, une semaine après sa disparition.
La même année, les pompiers de Lagos ont sauvé un poulain tombé dans un puits de 15 mètres de profondeur à Vale da Lama. L’intervention, complexe, a nécessité la mobilisation de dix agents.
Un danger connu de longue date
Ce problème ne date pas d’hier. Dès 2006, à Ourém, trois enfants avaient trouvé la mort dans des puits non protégés.
La situation s’explique par l’abandon croissant des terres à l’intérieur du pays, la multiplication des parcelles vacantes et les désaccords entre héritiers, entraînant la détérioration des margelles et des protections.
Certains puits se trouvent dans des champs, près de sentiers ou de routes, dissimulés par la végétation. Invisibles et non sécurisés, ils représentent un danger majeur.
Les obligations légales
La loi est claire : tout puits, crevasse ou cavité présentant un risque de chute doit être protégé ou couvert de manière efficace.
Le couvercle doit résister à une charge de 100 kg/m², et les rebords doivent mesurer au moins 80 cm de haut. Les terrains entièrement clos par un mur ou une clôture efficace sont exemptés de cette obligation.
Si vous êtes propriétaire, vérifiez régulièrement la sécurité de vos puits. Si vous envisagez d’acheter un terrain, demandez à l’agent immobilier de signaler leur présence et assurez-vous qu’ils soient conformes.
Contrôles et sanctions
En 2023, à la suite de signalements de Safe Communities, la GNR du district de Faro a inspecté de nombreux puits non couverts et pris des mesures. Des opérations similaires ont eu lieu dans d’autres régions, comme à Castelo Branco.
Un drame qui avait ému le monde
En février 2022, l’histoire du petit Rayan Oram, 5 ans, tombé dans un puits de 32 mètres au Maroc, avait tenu le monde en haleine. Malgré une vaste opération de sauvetage retransmise en direct, l’enfant n’a pas survécu. Ce drame avait relancé le débat sur la sécurisation des puits illégaux et poussé l’Arabie saoudite à combler et fortifier près de 2 500 puits abandonnés.
Que faire si vous repérez un puits dangereux ?
Dans l’Algarve, signalez-le à la GNR au 289 249 542. Ailleurs, contactez le SEPNA de la GNR, avec une photo et la localisation précise. N’entrez pas sur un terrain privé pour rechercher des puits. Votre vigilance pourrait sauver une vie.
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