La campagne présidentielle portugaise – déjà sans doute la plus insolites de l’histoire démocratique du pays – continue de s’envenimer.
Le directeur de campagne de Luís Marques Mendes, candidat du PSD habituellement réputé pour son calme et conseiller de longue date du président au Conseil d’État, est monté au créneau sur le réseau social X après un débat particulièrement tendu avec l’ancien chef d’état-major de la Marine, Henrique Gouveia e Melo. Il accuse ce dernier de « diffamation et de populisme ».
« Gouveia e Melo se spécialise dans les attaques contre LMM (Luís Marques Mendes). Il n’a aucun discours utile et, désespéré par les sondages, il est obsédé par la force de LMM. Qu’il continue sur la voie de la diffamation. Nous ne sommes pas là pour répondre au populisme. Notre priorité est de parler au pays », a écrit Duarte Marques.
De son côté, Luís Marques Mendes a montré qu’il n’excluait pas totalement de répondre à ce qu’il qualifie de populisme – un registre habituellement associé au candidat de Chega, André Ventura. Dans une publication (antérieure à Noël), il estime que « le masque » de Gouveia e Melo est tombé lors du dernier débat, l’accusant d’avoir formulé des insinuations qui « ne relèvent pas de la politique ».
Depuis le début de la campagne, Marques Mendes met en avant ce qu’il considère comme l’inadéquation de Gouveia e Melo pour la plus haute fonction de l’État, en raison de son absence d’expérience politique.
L’ancien amiral, pour sa part, affirme ne rechercher que la transparence – notamment sur les activités professionnelles de Marques Mendes. « J’ai simplement rappelé quelle est la profession du Dr Luís Marques Mendes, en dehors de son rôle de commentateur politique. Ma question est simple : quels intérêts cette activité peut-elle représenter, ou influencer, dans l’exercice de la fonction présidentielle ? Je pense que les Portugais ont le droit de le savoir », a-t-il déclaré lors d’un déplacement de campagne à Madère.
Refusant toute accusation d’attaque personnelle, Gouveia e Melo insiste : ses questions, restées sans réponse selon lui, correspondent à ce que « tous les Portugais veulent savoir : exactement ce que fait (LMM), comment il le fait, et avec qui ».
Pendant ce temps, l’attention médiatique s’est temporairement détournée du candidat de Chega, André Ventura. Ce dernier demande désormais au président Marcelo Rebelo de Sousa de reporter la réunion du Conseil d’État, annoncée juste avant Noël et officiellement convoquée pour « discuter de la situation en Ukraine ». Peu d’observateurs prennent cette justification au pied de la lettre. La réunion semble plutôt liée aux frustrations du chef de l’État face à certaines prises de position et déclarations du Premier ministre – sur l’Ukraine et d’autres sujets – qu’il estime auraient dû être discutées avec lui au préalable.
Le problème, selon André Ventura, est que cette réunion est prévue neuf jours avant l’élection présidentielle. Or Ventura et Marques Mendes siègent tous deux au Conseil d’État et seraient donc contraints d’y assister au lieu de faire campagne. Ventura accuse Marcelo d’« interférer » dans le processus électoral et juge la date du vendredi 9 janvier « inacceptable », estimant que la réunion devrait avoir lieu après le premier tour du 18 janvier. Si elle se tient malgré tout, il souhaite qu’elle serve à dresser le bilan des dix années de présidence de Marcelo et à analyser « la place à laquelle il a conduit le Portugal sur la scène internationale ».
Enfin, dans ce climat déjà tendu, l’ancien poids lourd socialiste Augusto Santos Silva a ajouté une touche finale pour le moins acide. Après avoir affirmé, lorsque António José Seguro s’était porté candidat, que ce dernier ne remplissait pas les « exigences minimales » pour être président de la République, Santos Silva a déclaré, quelques mois plus tard, que parmi tous les candidats en lice, Seguro était finalement celui qui s’en rapprochait le plus. Un compliment tardif… ou un constat sévère sur la faiblesse générale du casting présidentiel ?
Sources : Correio da Manhã / Observador / X / SIC Notícias
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