
La Commission européenne présentera en 2026 une proposition législative sur les locations de courte durée, visant à définir des zones de forte pression immobilière afin d’en limiter l’expansion et d’éviter que les habitants locaux ne soient « évincés » des territoires où ils vivent.
« Nous ne pouvons pas rester les bras croisés pendant que les citoyens locaux sont exclus du marché immobilier dans les lieux où ils sont nés ou où ils souhaitent construire leur vie », a déclaré le commissaire européen au Logement, Dan Jørgensen. « C’est pourquoi nous présenterons l’an prochain une nouvelle proposition législative sur les locations de courte durée », a-t-il annoncé, précisant qu’elle visera à soutenir à la fois les autorités locales et les gouvernements nationaux.
Selon le commissaire, il ne s’agira pas d’une interdiction générale, mais d’un cadre permettant d’identifier les zones sous pression immobilière. « Cela donnera aux autorités locales les moyens de promouvoir le logement abordable dans leurs villes et régions, et de prendre des mesures proportionnées pour limiter les effets négatifs des locations touristiques », a-t-il expliqué.
Parmi les mesures envisagées figurent notamment la fixation d’un nombre maximal de nuits louées par an, la limitation des locations à la saison estivale ou encore la location à des étudiants le reste de l’année. Les autorités locales pourraient également suspendre temporairement l’octroi de nouvelles licences de locations de courte durée dans certains quartiers centraux et exiger une autorisation spécifique pour les opérateurs souhaitant louer des biens à des fins touristiques commerciales.
Dan Jørgensen s’exprimait devant les médias européens lors de la présentation d’un plan inédit à l’échelle de l’Union européenne visant à renforcer l’offre de logements abordables. Ce plan comprend une stratégie de construction axée sur la réhabilitation de logements vacants et la reconversion de bâtiments existants, la simplification des règles de construction (notamment en matière de licences) ainsi qu’une révision des règles relatives aux aides d’État afin de faciliter l’investissement public dans le logement social et abordable.
Le dispositif prévoit également le renforcement des financements européens — via le budget pluriannuel de l’UE, les fonds de cohésion, le programme InvestEU et la Banque européenne d’investissement —, une lutte accrue contre la spéculation immobilière par une plus grande transparence du secteur, ainsi qu’un nouveau cadre juridique pour les locations touristiques permettant une action plus efficace des autorités locales.
Une attention particulière est accordée aux jeunes, notamment aux étudiants, parmi les populations les plus touchées par la crise du logement. Des mesures sont prévues pour encourager l’investissement dans les résidences universitaires et limiter les dépôts de garantie excessifs.
Le plan prévoit enfin la création de structures de coopération, telles qu’une Alliance européenne pour le logement réunissant États membres, maires et autorités régionales, ainsi que des mécanismes de suivi du marché immobilier.
L’Union européenne fait face à une crise du logement dans plusieurs pays, dont le Portugal, où la flambée des prix de l’immobilier et des loyers complique fortement l’accès à un logement abordable, en particulier pour les jeunes et les ménages à faibles revenus.
Depuis 2015, les prix des logements ont augmenté en moyenne de près de 60 % dans l’UE, avec des hausses nettement supérieures dans certains États membres comme le Portugal, tandis que les loyers et les coûts de l’énergie continuent de progresser. Dans le même temps, les permis de construire pour des logements résidentiels ont chuté d’environ 22 %.
Le Portugal figure parmi les pays européens connaissant une croissance annuelle à deux chiffres des prix de l’immobilier, alimentée par une forte demande et une offre limitée. Cette situation est aggravée par la pression exercée par les locations de courte durée, qui représentent jusqu’à 20 % du parc immobilier dans certaines régions de l’UE et ont augmenté de plus de 90 % au cours de la dernière décennie.
Source : LUSA
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