
Selon une étude dévoilée ce mercredi, 22 % des pistes cyclables de Lisbonne présentent un risque élevé ou extrême pour les cyclistes, tandis que plus de la moitié (53,5 %) sont classées à risque moyen. Seul un quart du réseau étudié est considéré comme sûr.
Commandée par l’Automobile Club du Portugal (ACP), l’étude s’est penchée sur environ 51,5 kilomètres d’infrastructures cyclables dans la capitale, dans un contexte marqué par une augmentation des accidents et des décès impliquant des cyclistes depuis 2019.
Utilisant la méthode CycleRAP, qui anticipe les risques de collision pour évaluer la sécurité des aménagements cyclables, l’étude a mis en évidence des lacunes importantes, en particulier dans les zones où la séparation entre cyclistes et automobilistes est insuffisante.
Sur la Rua Castilho, par exemple — un axe classé à risque extrême — une section de 600 mètres cumule un niveau de danger jugé critique, sans aucune barrière physique entre la voie cyclable et la circulation motorisée.
Le principal danger identifié concerne les interactions entre voitures et vélos : 49,8 % des tronçons analysés présentent un risque faible, 29,8 % un risque moyen, 13,2 % un risque élevé et 7,1 % un risque extrême. À l’inverse, les collisions entre cyclistes sont jugées peu probables sur 95 % du réseau, et les interactions entre cyclistes et piétons sont à risque faible sur près de 80 % des parcours.
Parmi les recommandations phares, l’ACP propose le déplacement de certaines pistes cyclables vers des zones plus sûres, notamment du côté gauche de la chaussée, accompagné d’une séparation physique complète avec la circulation automobile. Ce type de réaménagement permettrait de doubler le niveau de sécurité face aux collisions et d’élargir les zones à faible risque pour d’autres types d’accidents.
L’étude combine la méthode CycleRAP à l’outil de simulation Lane Patrol, afin de modéliser l’impact de divers scénarios d’aménagement.
Les résultats montrent qu’avec des interventions ciblées, le niveau global de risque pourrait baisser jusqu’à 68 %, notamment dans les zones centrales où la circulation mixte rend les trajets à vélo particulièrement périlleux. Les secteurs en bord de fleuve nécessitent également une attention particulière en raison des conflits fréquents avec les piétons.
Enfin, les auteurs recommandent l’extension de cette méthodologie à d’autres villes comme Porto ou Coimbra, soulignant que la réduction des risques permet non seulement d’améliorer la sécurité, mais aussi d’encourager l’adoption du vélo comme mode de transport durable.
Source : LUSA
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