Les socialistes dénoncent la suppression de l’éducation sexuelle des cours de citoyenneté

Le PS accuse le gouvernement de vouloir faire reculer le pays de plus de 40 ans

Le Parti socialiste (PS) a vivement critiqué la décision du gouvernement de retirer l’éducation sexuelle des cours obligatoires de citoyenneté, au profit de contenus axés sur la littératie financière et l’entrepreneuriat. Selon les socialistes, cette mesure représente un grave retour en arrière en matière de droits humains et d’éducation.

Soutenue par le Bloco de Esquerda (BE), la direction du PS appelle à une mobilisation « de l’ensemble de la société civile » pour empêcher ce qu’elle qualifie de « changement extrêmement grave » du programme scolaire obligatoire.

S’exprimant devant les journalistes ce mardi, la vice-présidente du PS, Mariana Vieira da Silva, a déclaré :

« Le gouvernement s’apprête à prendre une décision que nous considérons comme très grave pour l’éducation à la citoyenneté et à la sexualité. La première loi sur ce sujet a été adoptée en 1984, c’est donc un recul de plusieurs décennies dans la valorisation des droits humains, de l’éducation des enfants et de l’enseignement de l’éducation sexuelle. »

Pour Vieira da Silva, cette décision intervient dans un contexte mondial marqué par une aggravation des inégalités entre les sexes, et tout particulièrement entre garçons et filles.

Elle rappelle qu’une loi votée en 2009 impose aux établissements scolaires d’intégrer l’éducation sexuelle dans leurs programmes, soit à travers des cours spécifiques, soit dans le cadre de l’enseignement de la citoyenneté.

« On risque d’entrer dans un processus très grave qui pourrait aggraver des crises de santé publique au Portugal », a-t-elle mis en garde.

Le PS appelle donc tous les citoyens à participer à la courte consultation publique lancée par le gouvernement sur ce sujet, qui se termine le 1er août.

« Mobilisons-nous pour que les droits humains, les droits sexuels et reproductifs, et le droit à l’éducation sexuelle ne soient pas relégués au passé dans nos écoles, mais bien présents aujourd’hui et demain », a-t-elle insisté.

Elle affirme par ailleurs que, selon ses informations, le gouvernement ne prévoit aucun changement légal, ce qui signifie que le programme envisagé « ne respectera pas la loi adoptée en 2009 ».

Pour Mariana Vieira da Silva, cette décision illustre « un nouveau signe de rapprochement clair avec le programme de CHEGA ». L’exécutif dirigé par Luís Montenegro se rapproche, selon elle, des « discours les plus radicaux », remettant en cause un consensus national et des années de travail menées dans les établissements scolaires et les centres de santé.

Joana Mortágua, députée du BE, appelle également à une vaste mobilisation des parents et des communautés éducatives contre cette réforme.

« Nous ne pouvons pas laisser le gouvernement utiliser les droits des enfants pour rivaliser avec l’extrême droite et CHEGA. L’éducation sexuelle est essentielle pour prévenir les abus sexuels sur mineurs. Elle est indispensable au respect des droits des enfants », a-t-elle déclaré.

Elle accuse en outre le gouvernement de légitimer « les théories complotistes d’extrême droite sur le contenu de l’éducation sexuelle, piétinant les bonnes pratiques, les recommandations internationales et les données scientifiques ».

« Soit les enfants apprennent ces contenus fondamentaux à l’école, encadrés par des professionnels, soit ils les découvrent sur TikTok, avec des “influenceurs” qui souvent ne respectent pas les droits des femmes et véhiculent des idées malsaines sur ces sujets », a conclu Mortágua.

Les premières publications sur cette réforme indiquent par ailleurs que la notion d’identité de genre ne serait désormais abordée qu’à partir du cycle secondaire, soit le 3e cycle du système éducatif portugais.

Il sera particulièrement intéressant d’observer les résultats de cette consultation publique, alors que de nombreux parents à travers le pays dénoncent déjà le manque de préparation des jeunes en matière de littératie financière et d’entrepreneuriat. Le besoin de renforcer ces enseignements ne fait aucun doute, mais la question demeure : l’éducation sexuelle doit-elle en faire les frais ?

Source : LUSA

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