Photo: Lusa.
Un commentaire viral, ignoré par les grands médias mais qui alimente le débat politique
La déclaration choc du président Marcelo Rebelo de Sousa, qui a décrit la semaine dernière le président américain Donald Trump comme un « agent russe », a rapidement fait le tour des réseaux sociaux et de médias en ligne peu connus. Sur TikTok, certains influenceurs ont même présenté Marcelo comme « un grand leader mondial ».
Mais dans la presse internationale de référence, aucun écho : silence total. Et au Portugal, en dehors des critiques de l’opposition, le gouvernement s’est montré tout aussi discret.
Le ministre des Affaires étrangères, Paulo Rangel, a rappelé qu’il n’était « ni de [son] ressort ni approprié de commenter les déclarations du président de la République ». Il a insisté : « La définition de la politique étrangère portugaise appartient au gouvernement. C’est ainsi que nos partenaires internationaux doivent comprendre la relation avec le Portugal ». Un positionnement qui illustre parfaitement son rôle de chef de la diplomatie.
Pourtant, un article d’EU Today estime que les mots de Marcelo ne sont pas isolés. L’avocat américain d’origine ukrainienne Askold Kozynskyj écrit :
« Je suis certain que de nombreux hauts responsables de l’OTAN et d’autres pays ont partagé ce sentiment, au moins dans leur esprit ou en privé. Personne en dehors du Kremlin n’a autant soutenu la Russie et affaibli la démocratie américaine que Donald J. Trump. »
Mais, ajoute-t-il, « la diplomatie exige une certaine retenue, surtout face à une superpuissance dont on dépend et dont on pourrait avoir besoin à l’avenir ».
Dans ce climat tendu, l’amiral Henrique Gouveia e Melo, favori pour succéder à Marcelo à la présidence du Portugal, a publié sur sa page Gouveia e Melo Presidente un message qui résonne directement avec cette polémique.
Il y appelle l’Europe à se réveiller face à un “nouvel ordre mondial” régi par la force et non par le droit international :
« Les récents événements ont montré un monde où les conventions internationales sont bafouées, où la puissance militaire prime sur les accords. Si l’Europe ne prend pas conscience de sa force économique, humaine et technologique, elle deviendra un partenaire mineur de ce nouvel ordre mondial, mettant en péril nos démocraties, nos économies et nos libertés. »
Marcelo a peut-être franchi une ligne rouge en s’exprimant ainsi devant de jeunes militants politiques à Portalegre. Mais il semble avoir considéré que le moment était venu de dire les choses sans détour.
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