C’est un véritable coup de tonnerre pour la communauté universitaire : les jeunes diplômés devront désormais choisir entre deux dispositifs – le remboursement des frais de scolarité ou les avantages fiscaux de l’IRS Jovem. Impossible de cumuler les deux, comme cela avait été le cas jusqu’ici.
La mesure, annoncée par Fernando Alexandre, ministre de l’Éducation, de la Science et de l’Innovation, intervient alors que de nombreux étudiants espéraient encore bénéficier du mécanisme mis en place par le précédent gouvernement socialiste (PS).
En 2024, les socialistes avaient instauré le remboursement partiel des frais universitaires – baptisé prémio salarial – permettant aux diplômés travaillant au Portugal de récupérer 697 € par an pour une licence et 1 500 € pour un master, pendant une durée équivalente à celle des études suivies.
En parallèle, le gouvernement social-démocrate (AD) avait introduit l’IRS Jovem, une réduction d’impôt destinée aux moins de 35 ans. Jusqu’ici, les deux mesures semblaient cumulables… du moins en théorie.
Dans les faits, le remboursement des frais avait déjà été gelé : le Budget de l’État 2025 n’y faisait aucune mention, et le portail officiel affichait depuis plusieurs mois que « les nouvelles demandes ne sont pas acceptées ».
Désormais, le gouvernement clarifie sa position : les nouveaux diplômés devront opter pour l’un des deux mécanismes, mais ne pourront plus bénéficier des deux en même temps.
« Les demandes déjà validées continueront à être honorées », a assuré Fernando Alexandre, rappelant que les bénéficiaires actuels toucheront bien leurs versements. « Mais pour les nouveaux dossiers, il faudra choisir entre remboursement ou IRS Jovem. »
Cette décision crée une inégalité flagrante : ceux qui avaient fait la demande l’an dernier toucheront le remboursement tout en profitant de l’IRS Jovem, tandis que ceux qui arrivent cette année se voient privés de ce cumul.
Au-delà des aspects pratiques, le ministre a également confirmé son opposition à l’idée – défendue par l’ancien gouvernement – de supprimer progressivement les frais universitaires.
Selon lui, il serait « injuste que l’ensemble de la société paie pour l’éducation de ceux qui ont eu le privilège d’accéder à l’enseignement supérieur », une vision qualifiée de « régressive » par ses mots.
Un argument qui ne fait pas l’unanimité, et qui attise la colère des associations étudiantes, dénonçant un changement des règles « en plein milieu de la partie ».
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