
Les incendies nourrissent la crainte d’un lobby minier prêt à tirer profit des terres brûlées
Depuis plusieurs semaines, les incendies qui ravagent le nord et le centre du Portugal alimentent la peur que ces catastrophes écologiques profitent au lobby du lithium. Dans les zones rurales, où les communautés luttent depuis des années contre les projets de mines à ciel ouvert, l’inquiétude est palpable.
La société Savannah Resources, concessionnaire du gisement de Covas do Barroso (Montalegre), pourrait désormais élargir son projet, après les résultats d’une première phase de nouvelles explorations menées contre la volonté des habitants, mais avec le soutien affiché du gouvernement portugais.
Selon Correio da Manhã, l’entreprise affirme avoir identifié des niveaux « historiques » de lithium grâce aux forages réalisés depuis 2017 (près de 50 000 mètres de sondages). De son côté, Negócios en ligne estime que ces découvertes « renforcent le potentiel d’une future expansion du projet ».
L’ancien PDG, devenu directeur technique, Dale Ferguson, a salué des résultats qui « confirment la qualité et la régularité de la minéralisation du lithium dans tous les dépôts ».
Contestation locale : « une attaque contre la dignité »
Pour les habitants regroupés au sein de l’UDCB (União para a Defesa de Covas do Barroso), ces forages récents ont été réalisés « contre la volonté du peuple » grâce à une servitude administrative signée par le gouvernement, donnant à Savannah l’accès à des propriétés privées.
« Tout ce processus est une attaque contre les droits et la dignité des populations », dénonce Francisco Venes, porte-parole de l’association, qui accuse l’entreprise de chercher avant tout à attirer des investisseurs : « pour cela, nul besoin de résultats concrets, il suffit de faire croire que l’exploitation se passera bien ».
Les critiques insistent également sur la différence entre promouvoir l’exploitation minière à ciel ouvert et la pratiquer réellement, sans ruiner les nappes phréatiques ni provoquer de pollution et de destruction massives.
Un lien troublant avec les zones incendiées
Sur les réseaux sociaux, de nombreux commentaires relient les feux de forêt aux concessions minières. L’un d’eux résume un sentiment largement partagé :
« Ce n’est pas normal — c’est du business.
Année après année, nos forêts brûlent comme si c’était inévitable. Ce ne l’est pas. Cela implique des intérêts cachés, une criminalité organisée et un plan désormais à peine dissimulé. Derrière les flammes, il y a les concessionnaires, les exploitants forestiers et les intérêts liés au sous-sol. Et voici le lithium, le nouvel or de l’Union européenne. Chaque hectare brûlé devient une terre ‘libérée’ pour la prospection et l’exploitation. Est-ce une coïncidence si les zones à potentiel minier sont celles qui brûlent ? Beaucoup répondent non. »
Le message va plus loin, accusant l’État portugais de suivre les directives de Bruxelles au nom de la transition énergétique, alors qu’il s’agirait en réalité d’« un nouveau cycle d’exploitation des ressources, de destruction des écosystèmes et d’expulsion des communautés ».
La conclusion est un appel à la mobilisation :
« Ce n’est pas le climat, c’est un plan. Ce ne sont pas seulement des incendies, c’est du business. (…) Soit le gouvernement rompt cette toile d’intérêts, soit le peuple y mettra fin. Assez de détruire le pays pour enrichir quelques-uns. Réveillez-vous ! »
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