Le Portugal « sous aucune pression pour suivre l’exemple de la France sur la Palestine » – Paulo Rangel

Le ministre portugais des Affaires étrangères, Paulo Rangel, a affirmé que le Portugal ne subissait « aucune pression » pour suivre l’exemple de la France en reconnaissant l’État de Palestine, une déclaration qui risque de provoquer de vives réactions.

Jeudi, le président français Emmanuel Macron a annoncé que la France reconnaîtra officiellement l’État de Palestine lors de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre. Sur le réseau social X, il a publié la lettre adressée au président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, dans laquelle il confirme l’intention de Paris de devenir la première grande puissance occidentale à franchir ce pas.

Plusieurs pays européens, parmi lesquels l’Espagne, l’Irlande, la Norvège, la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie et la Suède, ont toutefois déjà reconnu l’État palestinien.

Malgré l’ampleur de la crise humanitaire à Gaza, la décision de la France n’aura pas d’effet immédiat, bien qu’elle vise à encourager d’autres puissances occidentales, notamment le Royaume-Uni, à s’aligner. Ce geste traduit néanmoins une volonté politique de ne pas rester silencieux face au déni prolongé du droit d’un peuple à vivre sur une terre qu’il revendique depuis des générations.

Historiquement, le Portugal a affiché une position favorable à la cause palestinienne. Sous le gouvernement socialiste, alors dirigé par le ministre des Affaires étrangères João Gomes Cravinho, Lisbonne avait même augmenté sa contribution financière à l’UNRWA – l’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens – alors que d’autres pays coupaient leurs aides.

Invité récemment sur les ondes de TSF, M. Cravinho a déclaré que si le Parti socialiste (PS) était encore au pouvoir, le Portugal aurait déjà reconnu l’État de Palestine. Il a qualifié la position actuelle du gouvernement de Luís Montenegro de « divergence rare » dans la tradition diplomatique du pays.

« Il n’y a pas l’ombre d’un doute que Gaza subit un génocide », a-t-il estimé. « Certes, cela relève du débat juridique, mais les faits semblent parfaitement correspondre à la définition du génocide. Je n’hésite donc pas à qualifier ainsi les actions d’Israël à Gaza. »

Le PS a accusé l’exécutif de se murer dans un « silence assourdissant » face à la tragédie en cours. De son côté, Paulo Rangel s’est montré plus mesuré, déclarant en marge du Forum euro-africain à Lisbonne : « Le Portugal a toujours été ouvert à reconnaître l’État de Palestine », tout en rappelant que le pays « est souverain » et que sa politique étrangère n’est « pas dictée par d’autres États », bien qu’elle reste « coordonnée avec les partenaires », dont la France, « mais pas seulement ».

Fait notable : M. Rangel a omis de mentionner les nombreux pays européens ayant déjà reconnu la Palestine.

Pendant ce temps, 120 personnalités issues du monde artistique ont signé une pétition appelant le gouvernement portugais à adopter une position plus ferme en matière de droits humains et à œuvrer pour « la fin du génocide ».

Dans leur appel, les signataires jugent inacceptable toute neutralité :
« Il est inacceptable de rester neutre face à ce qui se passe à Gaza (…) Il est inacceptable que l’Europe regarde en silence des enfants mourir en quête de nourriture (…) de rester inerte alors que des crimes de guerre sont commis quotidiennement. »

Sources : SIC Notícias / Lusa / TSF Rádio

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