Cabo da Roca, Colares – Photo: Ivan Rohovchenko/Unsplash
Le Portugal s’impose comme un « leader mondial » en matière de conservation des océans. C’est l’avis de Tiago Pitta e Cunha, directeur exécutif de la Fundação Oceano Azul, à l’origine de plusieurs initiatives telles que la future aire marine protégée (AMP) de la dorsale de Gorringe et le moratoire sur l’exploitation minière des grands fonds.
Le 11 juin dernier, lors de la troisième Conférence des Nations Unies sur les océans à Nice (France), la ministre portugaise de l’Environnement, Maria da Graça Carvalho, a annoncé le lancement du processus de création d’une AMP autour du mont sous-marin de Gorringe, au sud-ouest de l’Algarve.
Aujourd’hui, en marge de l’Exposition universelle d’Osaka (Expo 2025), Tiago Pitta e Cunha a souligné que cet engagement permet au Portugal de faire passer la part de ses eaux marines protégées de 19 % à 25 %, se rapprochant ainsi de l’objectif mondial de 30 % fixé pour 2030.
Cette avancée intervient quelques mois après que les Açores ont établi le plus vaste réseau d’aires marines protégées de l’Atlantique Nord, couvrant 30 % des eaux de la région — soit environ 300 000 km² — dont la moitié en protection intégrale.
« Avec les aires marines protégées que le Portugal a mises en place, nous figurons clairement parmi les pays à l’avant-garde de l’agenda océanique. Je suis très fier de ce que fait le Portugal », a déclaré Tiago Pitta e Cunha.
Un avis partagé par Joana Gomes Cardoso, commissaire générale du pavillon portugais à l’Expo 2025 d’Osaka, placée sous le thème Oceano: Diálogo Azul (Océan : Dialogue bleu).
« Depuis l’Expo 98 à Lisbonne, la mer est devenue, je dirais, une cause nationale. Ce n’est plus une cause de gauche ou de droite, mais une cause qui rassemble le pays tout entier », a-t-elle affirmé, ajoutant : « Il est logique que le Portugal se positionne à travers ce qu’il accomplit — ce qui, selon moi, est parmi les meilleurs efforts au monde. »
Pitta e Cunha a par ailleurs rappelé que « le Portugal est le seul pays en Europe — et l’un des rares au monde — à avoir inscrit dans la loi, votée par le Parlement, un moratoire sur l’exploitation minière des grands fonds marins jusqu’en 2050 ».
« C’est l’une des grandes erreurs que nous, les pays, sommes peut-être sur le point de commettre. Cela ne sert à rien de proclamer des aires marines protégées si c’est pour ensuite exploiter les fonds marins », a-t-il averti. Contrairement à d’autres nations, le Portugal ne crée pas d’AMP dans des zones reculées sans activité maritime ou économique, mais bien « au cœur de l’Atlantique », a-t-il insisté, en cette journée fériée au Japon dédiée à la mer (Marine Day).
La Fundação Oceano Azul occupe actuellement l’une des deux salles polyvalentes du pavillon portugais. Parmi les présentations phares figure une expédition scientifique menée en septembre au banc de Gorringe, coordonnée par la fondation.
Créée en 2017 par la Société Francisco Manuel dos Santos, la Fundação Oceano Azul est une organisation à but non lucratif qui œuvre pour la conservation et l’exploitation durable des océans. Elle compte parmi ses actifs l’Océanarium de Lisbonne.
Source : LUSA / The Portugal News
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