L’ancien président de l’Assemblée nationale, Eduardo Ferro Rodrigues, membre historique du Parti socialiste (PS), est entré cette semaine dans le débat présidentiel en déclarant que le Portugal a besoin d’un candidat « qui s’oppose fermement à la montée de l’extrême droite ».
Cette déclaration, qui intervient en pleine vague de chaleur et alors que le pays lutte contre de violents incendies de forêt, a été perçue par certains comme un signe de déconnexion du PS avec les priorités immédiates de la population.
Outre le message implicite adressé à l’ancien leader socialiste António José Seguro – déjà candidat déclaré à la présidentielle –, ou encore au député communiste António Filipe, également en lice, la déclaration de Ferro Rodrigues soulève des interrogations sur ses véritables motivations.
« Je regrette qu’à la fin du mois de juillet, aucun candidat à la présidence de la République ne réponde aux aspirations de l’électorat de la gauche démocratique en général, et d’une part significative du PS », a-t-il déclaré.
« Une candidature démocratique et humaniste est nécessaire et urgente à court terme. Espérons qu’elle émergera dans les semaines à venir, sans exclure personne de ce défi. »
Interrogé par les journalistes sur d’éventuels noms, l’ancien responsable socialiste a répondu avoir déjà « dit l’essentiel », tout en estimant qu’il existe un défi global pour l’ensemble de la gauche démocratique. Selon lui, « même ceux qui ont déclaré ‘non, jamais, en aucune circonstance’ devraient reconsidérer leur position ».
Il a poursuivi : « Le Portugal a besoin d’un candidat qui dise non à l’extrême droite et qui s’oppose fermement à son influence croissante sur l’État démocratique, qu’elle cherche à affaiblir, voire à détruire. »
Ferro Rodrigues a également estimé qu’un tel candidat devrait « intervenir face à la crise de confiance qui touche l’Union européenne, aujourd’hui aggravée par de dangereuses concessions à l’administration Trump, notamment dans les domaines de l’énergie et de la défense ».
Il a ajouté que le pays avait besoin d’un président « qui s’oppose aux exterminations, aux massacres, aux condamnations à mort par la faim dans la bande de Gaza, au mépris continu du droit international en Cisjordanie, et qui s’engage activement en faveur de la reconnaissance de l’État palestinien par le Portugal ».
Cette prise de parole impromptue, dans un contexte peu propice – entre les incendies, les vacances et les élections municipales à venir – ne semble pas avoir suscité un grand enthousiasme parmi la population.
Sous l’article publié par SIC, les commentaires en ligne pointent les liens de Ferro Rodrigues avec les réseaux de favoritisme politique, qualifiant le PS de parti « gangrené par les scandales » : « Le socialisme a fait du Portugal l’un des pays les plus pauvres d’Europe, c’est pourquoi ils craignent l’extrême droite », écrit un internaute. D’autres soulignent que la dénonciation constante de l’extrême droite omet les responsabilités de l’extrême gauche, accusée d’avoir conduit le pays à sa situation actuelle, notamment en matière d’immigration et de crise du logement.
Enfin, certains observateurs s’interrogent sur le moment choisi par Ferro Rodrigues pour s’exprimer : s’agit-il d’un prélude à une candidature de Mário Centeno, ancien ministre socialiste des Finances, ex-gouverneur de la Banque du Portugal récemment écarté par le gouvernement de centre-droit ?
Source : SIC / Facebook
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