La SPEA alerte sur les dérives écologiques des projets d’énergies renouvelables au Portugal

Bonelli’s eagle|Short-toed eagle|Booted eagle (light morph)La Société portugaise pour l’étude des oiseaux (SPEA) tire la sonnette d’alarme sur la multiplication des projets d’énergies renouvelables dans le sud du pays, dont les impacts écologiques préoccupent de plus en plus la communauté scientifique et les associations environnementales.

Dans un communiqué soutenu par FAPAS, Geota, la LPN, Quercus et WWF Portugal, la SPEA affirme suivre avec une inquiétude croissante la prolifération de projets éoliens et solaires dans des zones écologiquement sensibles, souvent adossés à des études d’impact environnemental (EIE) jugées insuffisantes, voire non conformes aux exigences de la législation nationale et européenne sur la conservation de la nature.

Selon la SPEA, les projets concernés présentent de graves lacunes : absence d’étude d’alternatives de localisation, analyses incomplètes des trajets de vol des oiseaux planeurs, sous-évaluation des risques de dérangement des couples reproducteurs ou de collision, et négligence des effets cumulatifs.

Les rapaces planeurs : premières victimes
Les aigles de Bonelli, aigles ibériques, aigles royaux, vautours fauves ou circaètes Jean-le-Blanc sont particulièrement vulnérables aux collisions avec les éoliennes ou aux électrocutions sur les lignes haute tension, du fait de leur comportement de vol, leur longévité et leur faible taux de reproduction. Or, plusieurs projets visent précisément les zones de reproduction, d’alimentation ou de migration de ces espèces protégées.

Parmi les projets en cours d’évaluation figurent notamment le projet d’hybridation de la centrale photovoltaïque d’Alcoutim (Solara4), les éoliens des centrales de Viçoso, Pereiro, São Marcos et Albercas, le parc solaire de Pereiro et sa ligne très haute tension et enfin les parcs éoliens de Silves et Cachopo

Une concentration préoccupante dans le nord-est de l’Algarve
La SPEA estime que jusqu’à 110 éoliennes pourraient être installées dans un périmètre de 500 km², sans approche territoriale intégrée, compromettant ainsi la durabilité écologique de la région. Ces projets concernent en grande partie le nord-est de l’Algarve, une zone cruciale pour la conservation d’espèces en danger, qui abrite notamment la principale zone de reproduction nationale de l’aigle de Bonelli, ainsi qu’un important couloir de dispersion et de migration.

Un exemple alarmant : le parc éolien de Malhanito, composé de 29 turbines, est situé en plein cœur du couloir de migration. Un rapport de Bioinsight (2016) indique qu’entre 2013 et 2016, huit vautours fauves y sont morts, avec une estimation corrigée de 9 à 10 décès annuels. Malgré ces données, les projets voisins, comme Solara4, ignorent ces éléments dans leurs EIE.

Des « solutions » technologiques insuffisantes
Certains projets misent sur l’installation de systèmes automatiques de détection et d’évitement d’oiseaux (ADS) basés sur l’intelligence artificielle. Mais la SPEA rappelle que ces systèmes restent peu éprouvés et inefficaces à ce jour, et qu’ils ne peuvent en aucun cas justifier l’installation d’éoliennes dans des zones écologiquement inadéquates. Ils contreviennent au principe de hiérarchie de mitigation, prévu par le droit européen, qui exige d’éviter en priorité, puis de minimiser et, seulement ensuite, de compenser.

Pour Rita Ferreira, technicienne senior à la SPEA,

« La transition énergétique ne peut pas se faire au détriment de la biodiversité. Le manque de cohérence dans la planification actuelle remet en cause des décennies d’efforts pour préserver des espèces emblématiques. »

La SPEA dénonce également la pression pour des autorisations rapides, l’absence d’alternatives sérieusement étudiées et la dévalorisation des impacts sur le patrimoine naturel, qui sèment le doute sur la crédibilité des processus en cours.

En conclusion, la SPEA affirme :

« Les projets situés dans des zones écologiquement sensibles, fondamentales pour la conservation d’espèces protégées, ne devraient pas être autorisés. La transition énergétique est une nécessité, mais elle doit s’appuyer sur des études d’impact robustes, respectueuses de la loi et de la biodiversité. Il revient aux autorités publiques de garantir l’application du principe de précaution, l’analyse rigoureuse des alternatives et la transparence institutionnelle. Le véritable intérêt public doit prévaloir sur les intérêts économiques à court terme. »

Le poste SPEA se met à un débat croissant sur le programme réel derrière les projets d’énergie renouvelable du Portugal est apparu en premier sur Résident du Portugal.

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