
Le tribunal civil de Lisbonne a rejeté la demande du président du parti d’extrême droite CHEGA, André Ventura, visant à suspendre le retrait des affiches électorales ciblant la communauté rom. Une décision que le candidat à l’élection présidentielle juge « injuste ».
La requête, qui sollicitait l’octroi d’un « effet suspensif » à la décision rendue le mois dernier par la juge Ana Barão, a été écartée par cette dernière. La magistrate a estimé que ce mécanisme ne s’applique qu’à « certaines procédures prévues par le Code de procédure civile », ce qui n’est pas le cas en l’espèce.
Dans sa décision, la juge souligne également qu’André Ventura n’a pas démontré en quoi le retrait des affiches lui causerait un « préjudice grave et irréparable », ni proposé de mécanisme d’indemnisation. Elle considère par ailleurs que le droit au respect du nom, de l’image et de la réputation prime dans ce dossier, tout en rappelant que le droit du candidat à faire campagne pour l’élection présidentielle « demeure garanti ».
S’exprimant à son arrivée à un rassemblement de rue dans le cadre de la campagne présidentielle, André Ventura a qualifié la décision de « regrettable » et de « mauvaise ». Il a toutefois assuré qu’il s’y conformerait — une affirmation qui semble déjà se vérifier sur le terrain.
Contacté par l’agence Lusa, Bruno Gonçalves, représentant de l’une des associations roms à l’origine des plaintes, a indiqué que, selon les informations recueillies par l’organisation Letras Nómadas jusqu’au 30 décembre 2025, les affiches litigieuses avaient disparu de l’espace public.
Le vice-président de l’association ne mentionne qu’un seul cas résiduel, à Vila Nova de Milfontes, où la référence explicite aux Roms a été remplacée par une allusion aux « minorités habituelles ».
« Avec cette décision, André Ventura a dû avaler une pilule amère », a commenté Bruno Gonçalves.
Dans leur réponse à la demande du dirigeant de CHEGA, les associations plaignantes ont estimé que les propos en cause excédaient les limites de la liberté d’expression. Elles reprochent notamment au candidat de ne pas avoir démontré concrètement en quoi l’exécution de la décision porterait une atteinte « sérieuse ou significative » à sa campagne, rappelant au contraire l’ampleur de ses moyens et de sa couverture médiatique.
Dans son jugement initial ordonnant le retrait des affiches, le tribunal de Lisbonne avait conclu que la restriction à la liberté d’expression d’André Ventura était justifiée dans ce cas précis, au regard de « l’interdiction de la discrimination fondée sur la race ou l’origine ethnique ».
Le candidat espère désormais que l’affaire, en appel, sera portée devant le Tribunal constitutionnel.
Source : Lusa
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